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Sur le fil surprend et émeut : Pascale Renaud-Hébert frappe encore dans le mille

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Radio-Canada, A Média et KOTV s'intéressent au sujet délicat de l'itinérance avec leur nouvelle série semi-annuelle Sur le fil, une proposition portée par la talentueuse autrice Pascale Renaud-Hébert, qui ajoute une nouvelle réussite à son parcours. Il en éclot une oeuvre profondément humaine, bouleversante et étonnamment drôle, qui fait écho à la crise du logement et l'envolée des coûts de la vie, en mettant en lumière des trajectoires de vie houleuses.

On y fait la rencontre de Nathalie, une femme empathique, qui dirige avec force et détermination le Centre Lavoie, un refuge reconnu pour les personnes en situation d’itinérance. Avec elle, des employés dévoués concertent leurs efforts pour tendre la main à celles et ceux qui en ont besoin, souvent au péril de leur propre bien-être. La demande est grande, les ressources moindres et les dangers omniprésents, comme c'est trop souvent le cas pour les organismes communautaires qui sont portés à bout de bras par des âmes généreuses, mais à bout de souffle.

Nous faisons aussi la rencontre de ces femmes et de ces hommes pour qui la vie a basculé. Ils doivent désormais faire face à l'inéluctable, tout en tentant de se reconstruire, une route généralement semée d'écueils. Parmi ceux-ci, on retrouve un père de deux jeunes garçons, prêt à tout pour protéger sa famille. Il y a aussi une femme de carrière qui a tout perdu dans des circonstances bouleversantes, un jeune homme qui a connu une enfance en famille d'accueil et un couple au tempérament explosif. Les infortunes sont liées à plusieurs de ces parcours, tout comme la maladie mentale qui se fraye un chemin parmi les sujets complexes abordés avec beaucoup de sensibilité par l'autrice Pascale Renaud-Hébert.

Si l'on craignait d'emblée que le résultat soit un peu sombre, dans une période où nous avons cruellement besoin de lumière, force est d'admettre que l'autrice trouve la parfaite balance entre le drame et l'humour, composant une histoire où l'émotion est toujours au rendez-vous. Les premières minutes de la série vous toucheront assurément. La vision de l'autrice, qui concilie admirablement bien authenticité et divertissement, est portée en images par le réalisateur Sébastien Gagné, qui étudie ses sujets avec beaucoup de bienveillance et un souci de véracité évident. Mariloup Wolfe lui succédera derrière la caméra à partir du septième épisode.

Pas de faux devant la caméra non plus, alors que l'ensemble de la distribution épate à tous les tournants. Vous serez certainement bouleversés par les interprétations des comédiennes et comédiens de la série, qui plongent tête première dans des partitions costaudes où tout se doit d'être juste. Céline Bonnier donne la mesure, en incarnant avec talent cette figure de coeur, vers qui tous les yeux vont se tourner. À ses côtés, on retrouve celles et ceux qui vont rendre ce centre communautaire crédible et vivant - Antoine Olivier Pilon, Sophie Bourgeois, Ines Talbi, Joanie Martel, Valérie Tellos, Daniel Parent, Ariel Ifergan, George Nti Junior et Annick Bergeron -, mais aussi celles et ceux qui vont choisir de faire confiance et espérer.

En ce sens, Ariel Charest et Sam-Éloi Girard se démarquent dès les premiers épisodes, en apportant une certaine légèreté et beaucoup de nuances au propos. Vous aimerez leurs personnages sans concession. Même chose pour Anne-Marie Cadieux et Mickaël Gouin, qui sont terriblement poignants. On se doit aussi de souligner le travail des deux jeunes garçons qui donnent la réplique à Mickaël Gouin, Théo Frappier et Ludovic Michaud, qui infusent une dose de candeur à l'histoire tout en nous faisant frémir. Enfin, Pierre-Paul Alain nous offre une véritable décharge électrique dans un rôle qui marquera par sa violence. Certaines scènes seront difficiles à encaisser. À ceux-ci s'ajouteront Patrick Drolet, Emmanuel Schwartz, Hamidou Savadogo, Monique Gosselin et Jasmine Lemée, qui vont venir étayer le florilège des possibles de l'itinérance.

Au-delà de ses qualités télévisuelles évidentes, Sur le fil nous enseigne qu'une main tendue peut parfois faire la différence. Parce qu'au bout de tout chemin sinueux, il y a souvent une lueur d'espoir. Grâce à son scénario d'une grande finesse et des performances à fleur de peau, cette nouveauté va définitivement marquer les esprits cette saison. Elle pourrait aussi faire œuvre utile, en nous invitant à considérer avec plus de compassion et douceur ces humains qui deviennent, bien malgré eux, les visages de l’itinérance.

Nous vous suggérons fortement de mettre la série à votre horaire! Nous nous réjouissons d'ailleurs que la production mette déjà tout en oeuvre pour assurer la pérennité de ce beau projet au-delà de cette première saison.

La série Sur le fil sera présentée à compter du lundi 14 septembre à 21 h sur les ondes de Radio-Canada.

Découvrez ci-dessous nos photos prises lors du visionnement de presse de la série, en compagnie de tous les artistes et artisans.