Le Bye Bye est, chaque fois, l'émission la plus regardée de l'année. La pression est énorme sur les créateurs. Comme il y a eu un changement de garde en 2025 après le départ de Simon-Olivier Fecteau, on peut s'imaginer que la nouvelle cohorte, dont font partie Arnaud Soly et Raphaëlle Germain aux textes, avait quelques sueurs froides à l'approche de 23 h.
Cette 50e édition s'est ouverte sur une parodie d'En direct de l'univers avec des personnages importants de l'année comme invités - l'humoriste Mariana Mazza, le joueur de hockey Ivan Demidov et le premier ministre Mark Carney. L'enfilade de chanteurs, tous de plus en plus nichés les uns que les l'autre - du tambouriniste de James Brown à l'oiseau de Demidov - était parfaitement délicieuse.
Le deuxième sketch de la soirée a, quant à lui, été l'un de nos préférés. Les auteurs ont proposé un amalgame entre la Commission Gallant et la téléréalité Les traitres. Les principaux acteurs de l'enquête publique sur le fiasco SAAQclic se retrouvaient autour de la table ronde et discutaient du scandale en tentant de trouver « le traitre » sous les innombrables changements de tenues de l'animatrice. Mention spéciale à Pierre-Yves Roy-Desmarais dans le rôle d'Éric Caire, « l'agneau sacrificiel ».
Personne me parle, je ne sais même pas le code du WiFi. - Éric Caire
Un autre de nos coups de coeur de cette édition, qui a beaucoup misé sur la télé et la culture pop québécoise (ce qui, irrémédiablement, lui sera reproché), a été le mélange entre le procès de Gilbert Rozon (joué avec beaucoup de panache par Guy A. Lepage) et le film de l'été, Menteuse. Le Paul St-Peter Pan sur l'intérêt inattendu de la souveraineté chez les jeunes était aussi une proposition originale. La comédie musicale sur Donald Trump aura surement agi comme une catharsis pour bien des Québécois, alors que les parents n'auront pu se retenir de sourire en entendant la version revisitée de la chanson « Briller » du phénomène des Guerrières de la K-Pop.
La parodie de De garde 24/7 (De marde 24/7) pour dépeindre la décrépitude de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont représente aussi l’un des bons coups de cette édition 2025. Stéphane Rousseau s'y est illustré dans une fabuleuse caricature du docteur François Marquis.
Cette mouture compte aussi quelques revers moins glorieux. La référence au documentaire d'Éric Lapointe, le sketch de Damazone sur la fermeture des bureaux de Québec et la parodie de Luc le milliardaire (Luc le plein de cash) manquaient d'inventivité, alors que d'autres, comme le nouveau chum de Jade, ChatJay Du Temple, la chanson de Mike chez Rona et l'ouverture du prochain James Bond par Denis Villeneuve nous ont plutôt laissés de glace.
Mentionnons qu'on a aussi senti que le Bye Bye voulait rejoindre un auditoire plus jeune, en proposant notamment un pastiche d'OD Chypre (les caricatures d'Arnaud et de Cindy étaient formidables d'ailleurs), ainsi qu'un clin d'oeil aux vidéos de Jay Du Temple. Ces interpellations assumées auront frappé dans le mille.
Outre celles précédemment mentionnées, nous avons été particulièrement épatés par les interprétations d'Anne Dorval dans le rôle de France Beaudoin, de Fabien Cloutier sous les traits de Sol Zanetti, d'Arnaud Soly en Louis Morissette qui s'enfonce sur son fauteuil et Antoine Bertrand dans la peau de Jean-Charles Lajoie ou Doug Ford qui fait une infopub pour convaincre les médecins de s'installer en Ontario.
Impossible que tout plaise à tout le monde dans une revue de fin d'année aussi diversifiée que celle-ci, mais on peut dire que le collectif 2025 a fait de gros efforts pour rassembler le plus de gens possibles et que tout le monde se sente concerné. Un Bye Bye bien garni qui, à défaut de nous faire rire aux larmes, a su nous étonner par son ouverture, son audace et le talent de ses comédiens maison et (nombreux) invités spéciaux.


