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Critique

Bonne nuit Chuck : La surprise de la deuxième chance

Bonne nuit Chuck

Trois ans après la sortie de Bon matin Chuck, Crave lance cette semaine Bonne nuit Chuck, une suite qui donne un véritable second souffle à cette histoire sur la dépendance. Trempée dans la compassion, plus aboutie, plus réaliste et accrocheuse, cette seconde mouture vaut définitivement le détour, autant pour ceux qui ont vu la première saison que ceux qui voudraient y faire le saut maintenant.

La deuxième saison reprend alors que Chuck est au plus bas, après une rechute monumentale qui le pousse dans ses derniers retranchements. Après une surdose et l'abandon de presque tous ses proches, il se retrouve en cure de désintoxication, plus motivé que jamais à mener à bien ce défi d'une vie. C'est là qu'il découvrira qu'il a un fils, Zack, lui-même aux prises avec de graves problèmes de consommation. Il se lancera dans une quête difficile, dans les bas-fonds de la ville de Québec, pour le retrouver et le sauver d’une mort qui semble inévitable.

Derrière la caméra, un changement de garde s'est opéré. C'est à l'auteur Pierre-Marc Drouin (In Memoriam, Mont-Rouge) qu'on a confié la tâche, pas nécessairement facile, de relancer cette histoire. D'autant plus que la première saison ramenait son personnage central à la case départ dans le dernier épisode, après une longue traversée du désert. De là, l'auteur fait le choix d'expédier le segment de rechute pour se consacrer au chemin semé d'écueils vers le rétablissement.

En ce sens, il introduit cette trame sur la filiation, une idée formidable qui donne une impulsion au récit et le rend franchement captivant. Avec la collaboration du réalisateur Mathieu Cyr, qui reprend les rênes du projet en solo, on a évacué les éléments de fantaisie de la première saison, qui distrayaient du propos, pour se concentrer sur le plus important; l'émotion et l'authenticité. Le périple moins erratique qui en résulte, entre humour et drame, pourrait marquer les esprits, notamment avec certaines scènes tournées sur les lieux de consommation.

Nicolas Pinson retrouve son personnage de Chuck en lui conférant, lui aussi, un élan de sincérité. Capable de nous faire rire et de nous émouvoir dans une même scène, le comédien offre une fantastique performance, à fleur de peau, et confirme qu'on devrait lui faire une place plus grande dans nos écrans. Il a d'ailleurs été récompensé récemment du Prix du public du meilleur acteur aux Montreal Séries. À ses côtés, Tom-Éliot Girard s'impose et brille en allant jouer dans des zones d'ombre très fragiles avec toute la finesse nécessaire. Il arrive à nous communiquer toute la détresse de son protagoniste, scarifié par l'absence d'un père et la toxicomanie d'une mère. Un personnage aussi tourmenté qu'attendrissant, joué avec beaucoup de véracité, que vous allez aimer sans détour.

On retrouve aussi plusieurs comédiennes et comédiens qui s'étaient illustrés dans la première saison et qui continuent de le faire, que ce soit Bernard Fortin, Chantal Fontaine, la toujours touchante Amélie B. Simard, Benz Antoine et Hugo Dubé, auxquels s'ajoutent plusieurs nouveaux visages dont David Savard, Jeremyah Mogni, Hugolin Chevrette, Marie-Claude Guérin et Martin Dubreuil.

Si le personnage de Chuck se voit offrir une deuxième chance dans la vie, la série qui le concerne aussi, une opportunité que l'équipe n'a visiblement pas prise à la légère. Heureusement, puisqu'il en ressort une belle surprise, une deuxième saison mieux fignolée qui a tout le potentiel de s'inscrire dans les succès de l'automne. C'est à voir!

Les huit épisodes d’une heure sont offerts sur Crave dès le 17 septembre à raison de deux épisodes par semaine.