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Entrevue

Ève Landry révèle pourquoi elle a accepté de jouer dans À coeur battant

À coeur battant

Un « propos essentiel » à aborder et une équipe qu’elle connaît bien et respecte profondément : voilà pourquoi Ève Landry a accepté le rôle de la procureure Gabrielle Laflamme dans la série À coeur battant. Un personnage très – trop – investi dans sa mission, au risque de s’y perdre elle-même.

« J’ai toujours dit, depuis le début de ma carrière, que les affaires difficiles à entendre font partie de nos problèmes de société et qu’on ne peut pas faire semblant qu’ils n’existent pas. Ce n’est pas en les banalisant à la télévision que ça va régler quoi que ce soit. Parce que la télévision a le pouvoir de démontrer réellement ce que c’est et d’apporter des solutions », dépeint Ève Landry en entrevue avec Showbizz.net.

La série est en ondes depuis maintenant deux semaines à ICI Télé, et les téléspectateurs ont déjà compris qu’une dynamique de confrontation s’installera entre nos deux héros que sont Gabrielle et Christophe L’Allier (Roy Dupuis, avec qui Ève Landry était de passage à Tout le monde en parle dimanche), qui préconisent des méthodes diamétralement opposées. Lui, psychoéducateur et intervenant au Centre de prévention de la violence (CPV), un organisme communautaire accompagnant les hommes violents, et elle, procureure, poursuivent pourtant un même objectif : celui d’enrayer la violence masculine. Mais leurs moyens diffèrent. Christophe croit à la réhabilitation, tandis que Gabrielle prône plutôt la condamnation sans appel.

Ce qu’Ève Landry espère, elle, avec les scènes percutantes d’À coeur battant, c’est que diminue la banalisation de ce fléau. Changer le monde, c'est beaucoup demander, mais une sensibilisation comme apporte la fiction ne sera jamais vaine.

« Je ne pense pas qu’on puisse arriver à régler le problème complètement, c’est impossible, mais Christophe et Gabrielle apportent tous deux des solutions. Si on peut arrêter de banaliser la violence quotidienne, celle qu’on entend, qu’on accepte, qu’on tolère en tant que société, que collègues ou que voisins, si on peut faire réagir, s’il y a moins de tolérance à ce niveau de la part de tout le monde, déjà, on pourra en dénoncer plus, ça diminuera peut-être et les agresseurs vont réfléchir un peu plus avant de passer à l’acte », énumère l’actrice.

On comprendra éventuellement pourquoi Gabrielle est si vindicative lorsque vient le temps de punir les agresseurs, assure Ève Landry.

« On va comprendre pourquoi elle est aussi impliquée personnellement et émotionnellement. Pour en avoir rencontré, de vraies procureures de la couronne ne sont pas aussi impliquées émotionnellement. Je pense qu’on ne peut pas faire ce métier si on s’implique autant que Gabrielle le fait. Elle le fait au risque de sa santé, elle s’épuise à la tâche. Mais, pour elle, c’est essentiel, c’est sa vie. Elle ne connaît pas d’autres manières de vivre, elle n’a pas de vie sociale à part son travail. Tout ce qu’elle veut, c’est sauver les femmes, et surtout, condamner les hommes. Elle souhaite que ces hommes ne puissent plus agresser qui que ce soit. Plus on va avancer dans la série, plus on va aller dans sa vie, plus on va comprendre les raisons qui la poussent à agir comme ça. »

Avec À coeur battant, Ève Landry retrouve un trio de créateurs (l’auteure Danielle Trottier, le réalisateur Jean-Philippe Duval et les producteurs Fabienne Larouche et Michel Trudeau d’Aetios) important pour elle. Une équipe qui, en lui confiant l’important rôle de Jeanne Biron dans Unité 9 en 2012, a propulsé sa carrière. Des gens en qui elle a confiance et avec qui une authentique complicité s’est installée avec les années.

« C’est un trio qui se parle, qui se comprend. Pour avoir travaillé pendant 7 ans avec JP [Jean-Philippe Duval], on n’a plus besoin de se regarder, on n’a plus besoin de se parler; on se comprend. Je sais d’emblée ce qu’il veut. Et ça, c’est riche, parce qu’on sauve un temps incroyable. J’ai entièrement confiance au travail de Danielle, je sais qu’elle fait ses devoirs et ses recherches. Je sais que, quand elle se lance dans un projet, c’est parce qu’elle a vraiment envie d’en parler, qu’elle a vraiment quelque chose à dire. Et, ça, moi, ça me rassure énormément, de savoir que l’auteure a fait ses recherches et qu’elle sait de quoi elle parle. Aetios, je suis très heureuse de leur confiance. C’est bien de retrouver cette gang-là, et toute l’équipe technique aussi. Car toute l’équipe est la même. JP s’entoure de la même équipe depuis toujours. Ce sont comme des vieux amis, et c’est avec eux que j’ai appris à travailler, ce sont eux qui m’ont montré mon métier. Alors je suis doublement contente! »

« Je me considère tellement privilégiée d’avoir des personnages aussi riches », conclut Ève Landry. « J’ai toujours de très beaux personnages. On pense à moi pour des personnages qui ont plus qu’une facette. Il y a toujours beaucoup de profondeur à aller chercher dans les personnages qu’on m’offre. Et une belle force de caractère, avec une grande fragilité derrière », termine celle qu’on retrouvera bientôt au cinéma dans le film Bungalow, de Lawrence Côté-Collins, avec Sonia Cordeau et Guillaume Cyr.

À Tout le monde en parle dimanche, il a été question, avec Fady Dagher, nouveau chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), du terrible accident ayant coûté la vie à une petite Ukrainienne dans le quartier où habite Ève Landry. Nous vous en parlions ici.

Le comédien Pierre-Paul Alain nous parlait ici de la difficulté qu’il a eu à jouer des scènes violentes dans À coeur battant. Quant à Roy Dupuis, qui a à nouveau réitéré à Tout le monde en parle dimanche avoir grandi dans un milieu familial violent et avoir été battu par son père, il nous détaillait ici pourquoi il tient peu de rôles à la télévision.