Publicité
Télé

Bon Cop, Bad Cop la série arrive sur Crave : Entre action, humour et révérence

Bon Bop, Bad Cop

Nouvelle offrande pour les adeptes de la première heure de Bon Cop, Bad Cop, qui avait cartonné au cinéma en 2006 et en 2017, que cette nouvelle série en six chapitres qui débarque ce jeudi sur la plateforme Crave. Après un tournage complexe, marqué notamment par le désistement de Colm Feore qui incarnait jusque-là le personnage de Martin Ward, Patrick Huard dévoile enfin au public le fruit de son labeur, une série d'action et d'enquête, toujours bilingue, qui amalgame habilement l'humour de situation à une réflexion intéressante sur le patrimoine culturel.

On retrouve donc l'enquêteur David Bouchard, qui ne semble pas avoir changé d'un iota depuis la dernière fois qu'on l'a vu. Toujours aussi impulsif et railleur, le policier ne met pas de gants blancs pour mener à bien ses enquêtes, au grand dam de sa fille, Gabrielle, qui a suivi ses traces professionnelles. Le duo sera dépêché en renfort à Gesgapegiag, une réserve micmaque située en Gaspésie, après que le chef de la communauté ait disparu dans des circonstances étranges. Avec le chef de police de la réserve, Joe Broom, et Martin Ward, l'envoyé spécial du Premier Ministre en tant que Conseiller en sécurité nationale, le quatuor tentera de résoudre l'affaire, ce qui les mènera aux quatre coins de la province. Pour quelle raison le chef du conseil de bande est-il disparu? Est-ce ce projet de Pipeline qui divise l'opinion ou autre chose?

Pour arriver au résultat que vous verrez bientôt dans vos salons, Patrick Huard et sa conjointe Anik Jean, qui ont porté tous les chapeaux pendant le tournage, ont pris les bouchées doubles, voire triples, pour offrir aux téléspectateurs ce qu'ils réclament, soit un divertissement de qualité où les scènes d'action foisonnent. Le créateur conserve la même thématique, soit le choc des cultures, en intégrant cette fois les Premières Nations à sa trame narrative ambitieuse. Il choisit toutefois de mettre de côté les stéréotypes régionaux concernant les autochtones, pour leur faire honneur, un choix légitime qui confère à l'histoire un côté plus sobre que dans les films. Les auteurs semblent en ce sens avoir tergiversé entre différents tons. Ce faisant, les adeptes de longue date pourraient trouver que l'esprit de la série est différent de celui des longs métrages, moins délinquant.

Dans ce contexte, Patrick Huard s'est investi corps et âme pour camper à nouveau le fier-à-bras, David Bouchard, assumant pratiquement toutes les cascades qu'il réservait à son personnage culte. Il fait bon de le retrouver, avec son humour frondeur et ses manières un peu rustres. On se permet d'ailleurs d'explorer davantage son intimité, révélant au passage les traits d'un homme solitaire, qui refuse de vieillir, ce qui cause quelques frictions avec sa fille (Sarah-Jeanne Labrosse) qui attend son premier enfant. On lui ouvre la porte vers une rédemption personnelle, alors qu'une possible relation amoureuse se dessine avec la capitaine de l'escouade, jouée par la toujours juste Christine Beaulieu. On assiste aussi à une amitié improbable avec son jeune voisin, qu'interprète avec aisance le fils de Patrick Huard et Anick Jean, Nathan Jean-Huard.

Évidemment, le remplacement de Colm Feore, qui a laissé tomber l'équipe à huit jours d'avis, marque les esprits. Parachuté en Gaspésie tel un véritable sauveur, l'acteur canadien Henry Czerny (Mission Impossible) a carrément sauvé la mise en acceptant d'endosser in extremis le rôle de Martin Ward, ex-policier devenu politicien, et deuxième moitié vitale du tandem comique. Il nous fait rapidement oublier son prédécesseur, en adoptant un ton et une fougue similaire. Sa complicité évidente avec Patrick Huard permet à l'essence du duo, qui continue de multiplier les sacres et les insultes, de se perpétuer dans le temps, pour notre plus grand bonheur.

Le comédien canadien Joshua Odjick, qu'on a pu voir récemment dans la série d'horreur Welcome to Derry, campe avec magnétisme un chef de police flegmatique et respecté par ses pairs. Il a certainement l'envergure pour représenter les Premières Nations dans ce récit où l'on retrouve aussi plusieurs comédiens et figurants autochtones, dont plusieurs sont de Gesgapegiag. Mentionnons également la contribution de Robin-Joël Cool en Premier Ministre sympathique, mais ferme, qui déploie à l'écran un franglais aux accents acadiens qui ne manquera pas de vous charmer.

Avec la série Bon Cop, Bad Cop, Crave propose un divertissement à grand déploiement qui s'adresse à tous, que l'on soit un fidèle de la franchise ou pas. Patrick Huard fait partie de ces artistes qui gardent toujours en tête le public en créant. On peut certainement considérer sa proposition comme une bonne comédie d'action, ce qu'elle est, mais aussi comme une poignée de main emblématique entre nations, qui illustre bien la richesse de ce que nous avons en commun; de l'humour et du coeur. Qu'on la prenne comme un objet de révérence nécessaire ou comme un divertissement populaire et amusant, la série Bon Cop, Bad Cop a certainement le potentiel de séduire un large public, à qui nous laissons le dernier mot.

Les deux premiers épisodes de la série seront offerts à compter de ce jeudi 7 mai sur Crave. Les autres suivront à raison d'un épisode par semaine. Un documentaire intitulé Bon Cop, Bad Cop : Histoire de familles - un saut dans les coulisses de ce tournage laborieux - est aussi attendu le 4 juin sur Crave.