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Le gouffre lumineux : Une oeuvre très réaliste qui frappe droit au coeur

Le gouffre lumineux

Un diagnostic de maladie fait souvent tout basculer, comme si la terre s'ouvrait sous nos pieds. Voilà la prémisse de la série Le Gouffre lumineux, inspirée du parcours d'Anick Lemay avec le cancer du sein en 2018, une oeuvre percutante, souvent frontale, toujours bouleversante, qui frappe droit au coeur. La comédienne Marie-Ève Perron y offre une performance magistrale, qui marque un tournant dans sa carrière.

La maladie qui fait peur, la maladie qui ébranle, la maladie qui fait fuir, la maladie qui change toutes les perceptions, la maladie qui rend impuissant, mais qui fait aussi poindre la beauté ailleurs. Voilà comment l'équipe de ce projet, les autrices Anick Lemay et Marie-Ève Perron et la réalisatrice Myriam Verreault ont choisi de construire cette série coup de poing, un petit bijou d'émotion qui fera oeuvre utile, qui ne recule pas devant un portrait sincère de la maladie, dans ce cas-ci le cancer du sein.

Très réaliste, mais ponctuée de touches d'onirisme, la production met sous la loupe toutes les étapes d'un diagnostic de maladie, le lourd processus médical qui s'en suit et les effets, à la fois délétères et fédérateurs, de la maladie sur l'entourage. Le visionnement peut être difficile et porteur de beaucoup d'émotions, notamment pour ceux et celles qui doivent ou ont dû composer avec la maladie, mais il s'avère aussi d'une beauté inimaginable. Parce que quand la vie semble parfois s'arrêter, elle renaît souvent ailleurs, bercée par l'humour et la bienveillance d'autrui.

On y suit Agathe, à l'aube de ses 45 ans, alors qu'elle reçoit un diagnostic de cancer du sein, une nouvelle vertigineuse qui sera accompagnée par le départ de son amoureux des cinq dernières années (excellent Gabriel Lemire), qui décide de la quitter alors qu'elle traverse l'innommable. Le choc est immense, autant dans la perception de son propre corps que dans le regard des autres qui changent. Accompagnée par le gros Denis (alias le gros déni incarné par Louis Champagne), sa fille si sensible (incroyable Agathe Bellemare-Ledoux) et un groupe d'amies dont la présence ne flétrira pas, Agathe va affronter la trajectoire médicale - batterie de tests, opération, chimiothérapie, et radiothérapie - qui la mènera jusqu'à la fin de ses traitements. Un cheminement fidèle à ce qu'Anick Lemay a vécu, et qui avait été détaillé dans ses chroniques sur Urbania, auquel on a accolé des éléments de fiction plus personnels.

Ça va être correct maman, on a nous deux. - Agathe Bellemare-Ledoux, qui joue la jeune Charlotte

Marie-Ève Perron a tout donné pour ce rôle, magnifiée par la vision artistique juste et bouleversante de la réalisatrice Myriam Verreault. Ce faisant, on la retrouve dépouillée de tous ses atours, les cheveux rasés, parfois nue, ou dans des séquences aquatiques exigeantes, alors qu'elle offre une performance scrupuleusement juste, aussi exigeante physiquement qu'émotivement. Dès les premières minutes, elle vous saisit le coeur pour ne plus le laisser aller. Belle et émouvante, la comédienne montre toute l'étendue de son talent dans une compostion qui lui ouvre enfin la porte vers la cour des grands.

À ses côtés, une distribution presque entièrement féminine vient ajouter beaucoup de douceur à la proposition. Que ce soit Kathleen Fortin, Julie Roussel, Agathe Bellemare-Ledoux, Sophie Desmarais, Dominique Pétin ou bien d'autres, toutes ont ouvert leurs bras pour ce tournage qui a dû être hautement émotif. On a aussi confié des rôles à Rémi-Pierre Paquin et Marie-Chantal Perron, qui faisaient d'ailleurs partie des fées d'Anick Lemay au moment de son combat contre la maladie, un clin d'oeil touchant à la réalité. On ne peut oublier la participation du regretté Marc Messier, qui offre ici son dernier rôle en carrière, celui d'un père qui souhaite épauler sa fille dans l'épreuve.

Ce faisant, Le Gouffre lumineux s'inscrit comme une oeuvre importante, qui tient lieu de bras tendus vers tous ceux et celles qui traversent la maladie, mais qui agit aussi comme un objet de sensibilisation. La série répond en ce sens au fort désir de se sentir représenté et compris, à cet implacable besoin de ne pas se sentir seul. Elle illustre aussi le pouvoir de la sororité, dans ce qu'elle a de plus beau, devant comme derrière la caméra. Les productrices Madeleine Cantin et Julie Snyder, la réalisatrice Myriam Verreault, l'autrice et comédienne Maire-Ève Perron et la créatrice Anick Lemay se sont serrée les coudes pour un résultat bouleversant, percutant et d'une grande justesse, à voir absolument.

Le gouffre lumineux comprend 10 épisodes de 60 minutes qui sont d'ores et déjà en ligne sur ICI TOU.TV EXTRA.

Voyez nos photos prises lors du lancement de la série ci-dessous.