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Geneviève Morin, l’ex de Julien Lacroix, signe un billet percutant dans Urbania

Cette semaine, le journal Le Devoir a fait paraître un article coup de poing dans lequel neuf femmes font part d’agressions et d’inconduites sexuelles alléguées de la part de l'humoriste Julien Lacroix.

Son ex, Geneviève Morin, faisait partie du lot. Urbania lui a donné la parole pour la suite d'une réflexion. Son texte est percutant et porte à réfléchir.

Elle raconte d'abord un beau moment vécu avec Julien lors d'un voyage en Italie en 2018. « Comment retenir des moments comme ceux-là dans ma tête, alors que j’ai beaucoup plus grave à me rappeler : comment oublier les « putes », les « connes » ou les « bitchs » qui débordaient de ta bouche vodkarisée, à 5 h du matin ?

Comment oublier les pleurs retenus… nos longues conversations épuisantes et émotives sur ton problème d’alcool ?

Comment oublier ce soir où, emporté par la colère, tu en es venu aux coups ?

Comment oublier ce soir-là, comment oublier cette phrase puissante… alors que j’étais couchée sur mon lit, ébranlée : arrête de pleurer, tu ne sais même pas à quel point je t’aime.

Comment oublier le son de la porte qui claque et le vide que ça a créé par la suite ?

Comment, Julien, comment ? »

Elle enchaîne : « Les gens se demandent : comment a-t-elle fait pour rester pendant 6 ans ? On le remarque dans leur regard. Je m’entête souvent à leur dire qu’il n’y a pas que des zones blanches ou noires.

Quand c’est notre meilleur ami qui nous fait du mal et quand c’est l’amant amoureux qui s’en veut, qu’est-ce qu’on peut faire ?

Qu’est-ce qu’on peut faire quand notre plus grand ennemi, c’est l’amour de notre vie ?

Quand une personne qui devrait toujours chercher à faire rayonner le meilleur en nous-mêmes empoisonne le quotidien par de la violence psychologique, qui peut à tout instant escalader ?

Quand cette personne est celle qui passe ses journées à nous dire qu’on est la plus belle, la plus intelligente et la plus gentille ?

Quand il ne donne pas de nouvelles les soirs, quand les rumeurs vont et viennent sur son infidélité, quand les mots qu’il trouve pour nous consoler sont ceux de « voyons / franchement / tu exagères tellement ! »

Les choses ne sont ni noires ni blanches. »

Geneviève Morin expose ensuite un problème qui va au-delà des agressions alléguées de Julien envers elle. « Notre société est malade, peut-être même gangrénée par notre vision de la sexualité », dit-elle.

« Les dénonciations soulignent bien qu’il y a un problème dans notre société. Que ce problème se situe dans la manière dont on construit la masculinité et qu’on éduque les garçons. »

Plus tard, elle mentionne : « Il ne s’agit pas de défendre Julien. Il ne me sert que d’exemple ici. Je parle en mon propre nom et je dis que je ne lui pardonnerai pas demain d’avoir agi comme il l’a fait.

Je ne suis pas prête à pardonner à quelqu’un qui n’a jamais voulu avouer ses torts, qui m’a manipulée et qui n’a jamais tenté réellement de changer ses comportements déviants.

[...]

Ce n’est pas juste grave… c’est tellement grave la manière dont tu te comportes Julien et le dommage que tu causes autour de toi. Tu souffres, mon pauvre. Tu souffres et pour ça, tu fais souffrir les autres. Et tu ne fais rien pour changer. C’est tellement grave, ça. S’enliser dans la souffrance… Et tu vois, en réalisant tout ça, j’ai eu la révélation soudaine que je devais agir à l’opposé : que je devais me tenir droite pour moi-même. Je suis tellement épuisée de te soulager de ta souffrance, épuisée de souffrir moi aussi. Je veux aller de l’avant, je veux changer. Je ne veux plus me taire et te consoler. La photo, c’est tout ce que je garde de cette relation, le reste, la violence, les cris, les pleurs… je les expulse vers toi. Ça ne m’appartient plus désormais. »

Elle conclut sur ses mots : « Je me demande seulement ce que notre société va retirer de toute cette situation : ce qu’on va faire pour vraiment changer les choses. Parce que Julien est un des symptômes de cette maladie qui nous sclérose et je me demande… Comment va-t-on faire pour s’en guérir collectivement ? »

Rappelons que Rosalie Vaillancourt, la meilleure amie de Geneviève Morin, a aussi pris la parole mercredi. Les détails ici.

On vous invite à lire son texte complet, magnifiquement écrit, ici.