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L'humoriste Julien Lacroix visé par plusieurs allégations d'inconduites sexuelles

Le journal Le Devoir publie aujourd'hui un reportage étoffé et percutant signé Améli Pineda dans lequel neuf femmes témoignent avoir subi des agressions ou des inconduites sexuelles de la part de Julien Lacroix. Contrairement aux nombreuses dénonciations qui ont eu cours dans le milieu artistique depuis plusieurs semaines, plusieurs de ces témoignages ne sont pas faits sous le couvert de l'anonymat, ce qui ajoute un certain poids à la dénonciation.

Il est à noter que Julien Lacroix n'a pas accepté les demandes nombreuses d'entrevues de la part du Devoir, ce qui lui aurait permis de prendre connaissance des témoignages des neuf femmes. Il préférait en prendre connaissance avant d'accepter une entrevue, ce qui n'a pas été accepté par le Devoir.

Mise à jour : Lisez la réplique virulente de Julien Lacroix publiée ce matin sur les réseaux sociaux.

Les allégations vont de l'agression sexuelle aux baisers et relations non consentantes.

Une ancienne petite amie de Julien Lacroix, Geneviève Morin, qui l'a fréquenté de 2013 à 2019, raconte son histoire. Celle-ci allègue notamment avoir été agressée après leur rupture. Elle aurait raconté cette agression alléguée à sa bonne amie, l'humoriste Rosalie Vaillancourt, qui confirme le tout pour Le Devoir.

Geneviève Morin indique que l'humoriste a communiqué avec elle huit mois après leur rupture pour la voir, ce qu'elle a accepté. Elle raconte la suite ainsi : « Il m’a agressée sexuellement. Je lui ai dit “non, arrête” et, malgré ça, il a continué. Je pleurais, mais il a fait ce qu’il avait à faire et quand il a eu terminé, il a remis ses pantalons et m’a dit “arrête de pleurer, tu ne sais pas à quel point je t’aime” et il est parti »

Honteuse, elle garde le silence ensuite, pour finalement confronter l'humoriste trois semaines plus tard, par écrit : « Il m’a dit qu’il s’excusait, qu’il s’en voulait, qu’il n’allait pas bien, qu’il ne voulait pas me faire de mal. Je lui ai dit que je trouvais ça grave et que je ne savais pas quoi faire ».

La jeune femme estime maintenant qu'elle aurait été victime d'abus divers pendant cette longue relation : « Il était souvent en boisson. Il me traitait de pute, de bitch et lorsque je le confrontais le lendemain en lui disant qu’il ne pouvait pas me parler comme ça, il fondait en larmes et s’excusait en disant qu’il n’allait pas bien, qu’il m’aimait. »

Il est important d'aller lire l'article du Devoir au complet pour en juger correctement. Nous n'en rapportons que des extraits ici.

En mai dernier, Julien Lacroix se serait, une fois de plus, présenté chez Geneviève Morin qui n'a pas voulu ouvrir. Il aurait cogné à la porte pendant cinq minutes, jusqu'à ce que Geneviève Morin appelle la police.

Trois autres femmes ont indiqué au Devoir avoir eu des relations sexuelles non consentantes avec Julien Lacroix. L'une d'elles, Lauriane Palardy, indique notamment : « Ce n’est malheureusement pas aussi limpide que je le voudrais. Je me rappelle juste que je ne voulais pas lui faire de fellation et qu’il a insisté au point où il m’a tenu la tête ».

Celle-ci indique : « Mon rêve, c’est qu’il fasse un mea culpa et qu’il se responsabilise. Qu’il reconnaisse qu’il a contribué à la culture du viol, dit-elle. Je souhaite qu’on mette en lumière la culture du silence, à laquelle j’ai moi aussi participé à l’époque en ne rapportant pas ce qui m’était arrivé. Une culture du silence catalysée par le manque d’éducation, de ressources et de support social. »

Cinq autres femmes affirment au Devoir avoir reçu des baisers non consensuels, dans divers contextes. Le Devoir a confirmé leurs témoignages auprès des personnes qui étaient présentes ces soirs-là.

L'humoriste Rosalie Vaillancourt témoigne : « Avec le recul, je réalise qu’il a eu des comportements dégradants et qu’il le faisait souvent sous le couvert de l’humour. C’est déjà arrivé qu’il lève ma robe devant des gens et qu’il m’embrasse de force. J’ai l’impression d’avoir encouragé son comportement, parce qu’à l’époque, même si j’étais mal à l’aise, je ne le lui ai pas dit. »

Quant à Geneviève Morin, elle souhaite qu'il y ait une prise de conscience : « Je pense qu’il doit faire une introspection. Il a trop longtemps été protégé, parce que le milieu de l’humour, c’est un boys’ club, ce sont des amis qui ne veulent pas se dénoncer entre eux. Je l’ai moi-même protégé pendant trop longtemps ; alors, je me dis que, si quelqu’un qui prétend m’aimer a pu me faire ça, comment peut-il agir avec les autres? »

Rappelons que dans les dernières semaines, Bernard Adamus, Yann Perreau et Kevin Parent ont tous été abandonnés par leur maison de disques ou agence de spectacles respective en raison d'allégations d'inconduites sexuelles. Maripier Morin a aussi fait l'objet d'une dénonciation de la part de Safia Nolin.