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4.0
Notre critique

Normand D'amour et Laurent Paquin ont ensemble une chimie improbable qui génère autant les rires que l'attendrissement.

Cette nouvelle adaptation québécoise du Dîner de cons possède plusieurs qualités, mais sa force première est la justesse et l'efficacité de sa distribution toute étoile.

Au coeur de ce casting à tout casser, on retrouve Normand D'amour dans le rôle du prétentieux Pierre Brochant et Laurent Paquin sous les traits du con de classe mondiale. Ce duo relève du génie. Ils ont ensemble une chimie improbable qui génère autant les rires que l'attendrissement. Laurent Paquin injecte à son François Pignon la bonne dose de bêtise et d'humanité. Sa façon de marcher ou de descendre les escaliers nous fait nous tordre de rire chaque fois, mais il reste, dans sa balourdise, suffisamment attachant pour que le public ne soit pas agacé.

Les textes ont été légèrement adaptés au parler québécois, mais l'ensemble des répliques cultes n'ont pas été touchées, ou presque. D'ailleurs, les scènes les plus célèbres du film français (et de la pièce qui le précède), dont celle de l'appel à Marlène Sasseur, sont livrées avec beaucoup d'effet. Les noms sont aussi restés les mêmes que dans l'oeuvre originale (fiou!) et seulement quelques mots ici et là ont été corrigés pour être mieux compris du public d'ici. Comme le « dîner » se déroule désormais à Montréal, c'est de hockey qu'on parle plutôt que soccer et Pignon travaille à Revenu Québec plutôt qu'au ministère des Finances.

À ce tandem explosif, on ajoute René Simard, qui incarne un Juste Leblanc cocasse, puis Bernard Fortin, implacable dans le rôle de Lucien Cheval. Les femmes ne donnent pas leur place non plus. Pascale Montreuil est plutôt touchante dans la peau de la femme de Pierre Brochant, Christine, alors que Gabrielle Fontaine livre une performance vaudevillesque en tant que l'amante « nymphomane ». Notons quand même qu'elle est peut-être un peu trop jeune pour jouer la maîtresse de Normand D'amour, mais ces pitreries nous font partiellement oublier ses 29 ans.

Comme Le dîner de cons est un huis clos, la pièce n'avait pas besoin d'un décor excessivement sophistiqué, mais l'appartement de Pierre Brochant en est un luxueux, rempli d'oeuvres d'art, qui devait transpirer d'une certaine classe. On peut dire que ce travail a été efficacement accompli par le metteur en scène André Robitaille. Les échanges avec les personnages en dehors des quatre murs du condo sont aussi amenés de façon inventive.

On peut dire qu'André Robitaille et sa bande d'excellents comédiens font honneur à Francis Veber et son oeuvre culte. On ne se trompe pas avec cette pièce : c'est une comédie désopilante et sensible capable de rejoindre un très large public. À voir sans faute!