Alors que l'automne est bien installé et que nous sommes de plus en plus enclins à nous emmitoufler au salon pour regarder de bonnes séries, les suggestions ne manquent pas. Évidemment, nous allons toujours vous conseiller de vous tourner d'abord vers nos formidables productions québécoises (voici une suggestion juste ici), mais une série de Netflix a aussi attiré notre attention.
À l'approche de l'Halloween, alors que les contenus de type « épouvante » sont particulièrement populaires, la plateforme Netflix propose une nouveauté qui est à la fois une série historique, une saga familiale et une création qui glace le sang, dans laquelle on fait la rencontre d'une femme pour le moins inquiétante.
East of Eden, une série en sept chapitres créée par Zoe Kazan, est l'adaptation du roman culte de l'auteur américain John Steinbeck, paru en 1952. On y suit, sur plusieurs décennies, l'histoire de deux frères et leur descendance, tout en s'intéressant à un personnage féminin, celui de Cathy Ames, qui a tout d'une vraie psychopathe. Une première adaptation avait été faite de ce classique en 1955, dans un film éponyme mettant en vedette James Dean.
Les premières images de la série marquent l'esprit. Une femme meurtrie et ensanglantée fait son chemin en gémissant dans les hautes herbes, jusqu'à la porte d'une maison où deux frères vont l'accueillir et la soigner. L'un d'eux s'entiche d'elle tandis que l'autre demeure méfiant. Qui est-elle vraiment? Le ton est donné.
Dès lors, vous ferez la connaissance de ce personnage féminin complexe et fascinant, partagé entre sa haine du comportement des hommes et son désir incandescent de liberté totale, au détriment des autres. Dans ce rôle, la comédienne Florence Pugh joue la sociopathe avec beaucoup de crédibilité et s'avère pour le moins magnétique. Impossible de ne pas scruter la moindre de ses réactions alors qu'elle se transforme d'une ingénue à une démente sans émotion, capable des pires crimes, en un claquement de doigts. (Le texte se poursuit plus bas.)

Non seulement cette série fait office d'excellent drame historique, sur fond de Guerre de Sécession jusqu'à la Première Guerre mondiale, mais l'intrigue est particulièrement prenante, voire anxiogène par moment. Vous pourrez difficilement ralentir votre visionnement, malgré quelques scènes peu subtiles surtout vers la fin, en découvrant non seulement les défis de ces hommes qui ont colonisé les États-Unis, mais aussi ce destin tragique d'une femme qui ne voulait appartenir à personne. C'est captivant.
Christopher Abbott, Mike Faist, Hoon Lee, Tracy Letts, Ciarán Hinds, Martha Plimpton, Joseph Zada, Joe Anders et Gus Turner partagent l'écran avec la phénoménale Florence Pugh qui brille dans chacune de ses scènes. Oubliez Lizzie Borden, qui récolte des critiques plutôt douteuses depuis sa mise en ligne et essayez plutôt cette nouvelle adaptation de East of Eden (À l'Est d'Éden en français), qui ne déçoit pas en posant une question importante : sommes-nous déterminés par notre nature ou avons-nous le choix de nos actions? La réponse, « Timshel » qui signifie « Tu peux » en français, se révèle magnifiquement bien illustrée au fil des épisodes que nous avons beaucoup appréciés. À voir!


