Publicité
Télé

La télévision va-t-elle survivre? Le réalisateur de la série Empathie se prononce

Image de l'article La télévision va-t-elle survivre? Le réalisateur de la série «Empathie» se prononce

La semaine dernière à l'émission Une époque Formidable, Stéphan Bureau se questionnait sur l'avenir de la télévision qui traverse une période difficile partout dans le monde. Est-elle vouée à disparaître complètement ou fera-t-elle éventuellement un retour en force?

Guillaume Lonergan, réalisateur des merveilleuses séries Vitrerie Joyal et Empathie, pour ne nommer que celles-là, était son invité. Celui qui a grandi avec Passe-Partout, Pop Citrouille, Les Filles de Caleb et Lance et Compte a avoué que la télévision avait eu une importance capitale dans sa vie.

La télé a fait partie intrinsèque de mon identité québécoise, c’est ce qui m’a appris mon identité, oui.

En réponse à plusieurs questions en rafale de l'animateur, il est allé droit au but. « Oui elle est menacée, c’est sûr. Et je pense que la réponse à la question "est-ce qu’on est capable d’en faire de la bonne?", absolument. Pour moi, on peut être les meilleurs même, avec Empathie, mais avec d’autres projets auxquels je n’ai pas participé, je pense qu’on est capables de montrer qu’on fait de la super bonne télévision ici, et on est capables de la faire avec pas beaucoup de moyens. »

On n'a rien à envier à personne, ici. On a tout ce qu'il faut, on a toutes les équipes et les créateurs pour le faire.

À son avis, tout comme la radio, on ne peut ignorer que la télévision soit en déclin, mais le réalisateur ne croit pas qu'elle tende à disparaître complètement. « Là, on est dans une période de transformation profonde à cause de la technologie, etc, mais je pense qu'il n'y a personne qui est assez brillant pour pouvoir dire "ça va donner ça". [...] Quand j'étais étudiant en cinéma, tout le monde disait que le cinéma allait mourir, je parle des années 90. »

Il a ensuite mis le doigt sur l'une des causes du déclin, selon lui. « C'est sûr que dans les dernières années, on a perdu des batailles. Moi j'ai fait beaucoup de séries jeunesse, pendant très très longtemps, puis dans les années 2010, y a eu une baisse de productions de télévision jeunesse, puis y a eu une fragmentation parce que Netflix qui a pris de la place, etc, les plateformes. Un moment donné on a perdu une partie de la jeunesse au Québec, donc qui s'est déconnectée de la télévision pour enfants. »

Et ça, ç'a des conséquences à long terme.

La chute en popularité est à son avis aussi attribuable au fait que nous sommes une petite société, une petite population en situation de minorité, entourée de 400 millions d’anglophones et oeuvrant dans un marché avec plusieurs plateformes super puissantes qui proviennent de partout dans le monde. « Il faut tout le temps lutter pour résister à l’envahisseur, si je peux me permettre. Notre souveraineté culturelle, notre identité culturelle est tout le temps menacée. Il faut toujours être vigilants. »

Le réalisateur ne croit donc pas à une disparition, mais bien à une transformation de la télévision québécoise, notant qu'il existe encore des rendez-vous télévisuels incontournables en ce moment. « La téléréalité atteint beaucoup les jeunes. » Il souhaite simplement que l'industrie télévisuelle ne connaisse pas le même sort que celle de la musique. « C'est désastreux, les musiciens doivent faire des shows pour gagner leurs vies maintenant que la musique est gratuite. »

Moi, j’aimerais ça que ça n'arrive pas pour tout l’art. Je pense que c’est important de comprendre la valeur des choses, l’importance de l’art dans notre société, et de se dire qu’il faut quand même payer.

Nous ne pouvons qu'être en accord avec lui. Pour apprécier l'intégralité de cette discussion pertinente et de grande importance, dirigez-vous sur la plateforme de Télé-Québec sur demande.

Une époque formidable est diffusée les mercredis soirs 20 h, sur les ondes de Télé-Québec.