Ce samedi, l'humoriste André Sauvé était de passage au talk-show Pour une fois, où il s'est livré comme rarement auparavant. Ainsi, après une succession interrompue d'entretiens menés par Isabelle Boulay, Marie Chouinard et Bernard Derome, c'est à la comédienne Anne Dorval que revenait le mandat de l'interroger en dernier.
Celle-ci s'est d'ailleurs permis de le questionner sur un sujet très personnel, la mort de son frère Daniel, victime d'un tragique accident de travail il y a plusieurs années. André s'est dès lors confié sur ce sujet sensible dans un segment très émouvant. Il précise :
« Moi, quand c'est arrivé, mon père, avant même d'aller au salon, [...] même dans la douleur qui est arrivée, il avait dit une phrase que je vais toujours me souvenir, il dit : "c'est pas injuste, c'est une autre justice". Et ça m'est toujours, toujours restée cette phrase-là. Qui sommes-nous pour dire que ça, c'est injuste? C'est une autre justice dont on connaît pas les codes, on connaît pas les articles de cette loi-là. Mais c'est une autre justice, face à laquelle qui est la nature des choses, face à laquelle on doit s'incliner. »
Il poursuit :
« Et paradoxalement, c'est drôle parce que je faisais un numéro en hommage à Monsieur Caron. C'est un hommage à Rock et Belles Oreilles et je faisais Monsieur Caron. Et le numéro terminait, mon frère devait venir voir le show. Il disait : "j'ai hâte de venir voir le show". Et le show terminait sur une note plus sensible, où Monsieur Caron apprenait que son frère était mort. [...] Et il y avait un banc de libre au balcon et c'est sensé être celui de mon frère. Comme quoi des fois, je sais pas, les événements de la vie font... J'avais fait le numéro en restant dans Monsieur Caron, le frère de Monsieur Caron, mais quand je suis sorti de scène, là le André est venu, je me suis effondré en larmes.
Mais en même temps que le message c'est une autre justice et que la vie doit continuer, malgré être avec sa douleur, garder ce qui est, on disait tantôt aller avec ça. La vie doit continuer quand même. »
Anne Dorval, visiblement émue par les propos de son ami André, lui a ensuite demandé si sa propre mort lui faisait peur. Ce à quoi il répond, avec un brin de philosophie :
« J'ai l'impression qu'on est une ampoule. Et quand on meurt, l'ampoule s'éteint, mais l'électricité demeure. Un autre exemple, toute notre vie on est une goutte d'eau, et là la mort, on est remis dans l'océan. La goutte elle ne disparaît pas, elle se fond dans quelque chose qui est beaucoup plus grand qu'elle. Ça me rassure de penser ça. "Ah enfin, je ne suis plus juste une goutte!" »
La semaine prochaine, ce sera au tour de l'écrivain Dany Laferrière d'être au coeur d'un épisode de Pour une fois lui étant dédié. On peut évidemment s'attendre à de belles confidences, encore une fois!
Le talk-show Pour une fois est diffusé le samedi à 20 h sur les ondes de Télé-Québec.




