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Casse-gueule sur Crave : La scène culinaire montréalaise dans tous ses états

Une cuisine de proximité, des produits locaux, des producteurs d'ici et un métissage dans l'assiette : vous pensez être dans une nouvelle saison des Chefs, mais non! Il s'agit plutôt de la nouvelle proposition de Crave, notre toute première fiction culinaire québécoise, qui débarque sur la plateforme cette semaine. C'est chaud, c'est chaotique, mais c'est surtout Casse-gueule.

Dans cette nouvelle concoction signée Frédéric Ouellet en collaboration avec Daniel Chiasson, on fait la rencontre de Clovis, un talentueux chef dans la trentaine qui, après une escarmouche avec son patron, le chef propriétaire du Panaché, décide de se lancer dans le projet d'avoir son propre restaurant. Pour y arriver, il fera équipe avec Ben, son sous-chef et meilleur ami au caractère explosif, et Manon, sa sommelière... et amante. À ceux-ci s'ajoute la fille de 18 ans de Clovis, Zoé, qui décide de débarquer à Montréal chez ce père qu'elle n'a jamais vraiment connu. Facile de comprendre que le chemin sera pavé d'embûches pour cette équipe bigarrée et passionnée, qu'on pense seulement aux défis financiers, aux tensions en cuisine et aux rivalités inattendues. Vont-ils arriver à réaliser leur rêve? (Le texte se poursuit plus bas)

Dans la foulée de succès américains comme The Bear, la série Casse-gueule, qui porte bien son titre, s'inscrit comme une proposition différente, mettant en lumière un chef qui est loin d'être tourmenté. C'est dans ce contexte qu'on renoue avec le comédien Émile Schneider (Les armes), qui a visiblement pris les bouchées doubles pour interpréter avec charisme ce personnage sanguin, gourmand, passionné et ô combien imparfait, qui attire tous les regards.

À ses côtés, on découvre avec plaisir Zouheïr Zerhouni, comédien français qui compose le noyau central de ce projet, auquel s'ajoute Mylène Mackay qui vient incarner la raison dans ce threesome pas reposant. Impossible de ne pas mentionner la participation du grand Guy Nadon, qui en impose en interprétant le chef René Lacombe, un autre personnage bouillant. Même chose pour l'excellente Pascale Bussières qui incarne une designer de mode excentrique, qui se joindra au projet de nouveau restaurant, non sans faire quelques vagues.

Vous aurez rapidement compris que le périple proposé par Casse-gueule est loin d'être reposant. La réalisation enthousiaste et léchée de Mathieu Cyr et Catherine Therrien, couplée à un montage effréné, pourrait en étourdir plus d'un dans le premier épisode. Même chose pour la cadence des répliques comiques qui peut déstabiliser au premier abord.

Les choses se calment un peu dans le deuxième épisode et deviennent moins chaotiques, moins confuses. C'est alors qu'on prendra plaisir à côtoyer ce clan tissé serré, qui représente bien l'effervescence de la scène culinaire québécoise. Au passage, les réalisateurs en profitent pour faire un clin d'oeil à la gastronomie montréalaise en truffant le montage d'images d'établissements bien connus. C'est beau et ça donne faim!

Après avoir visionné les deux premiers épisodes de Casse-gueule, on peut vous dire que ce n'est peut-être pas encore la haute gastronomie qu'on espérait, mais c'est tout de même une nouveauté qui a le potentiel de sustenter les télévores gourmets. Une proposition bouillonnante, pétrie de bonnes intentions, et faite avec coeur. Un peu à l'image de notre cuisine québécoise, vous ne trouvez pas?

Les deux premiers épisodes seront offerts sur Crave dès ce jeudi 12 février, suivis de deux épisodes par semaine.