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Une nouvelle cuvée à la hauteur pour Broue

Faire revivre la mythique pièce de théâtre Broue avec une nouvelle équipe : voilà le pari risqué que s'est donné le trio composé de Benoît Brière, Luc Guérin et Martin Drainville. Avec l'accord des trois comédiens originaux et des auteurs de la pièce, ces trois géants de la comédie au Québec se sont emparés de cette institution théâtrale pour lui donner un second souffle et lui permettre de poursuivre sur son élan de 40 ans. S'attendaient-ils à ce que les gens soient autant au rendez-vous? Peut-être pas…

Ils en étaient déjà à la soixantième représentation de leur version ce jeudi à la Salle Albert-Rousseau de Québec et c'était salle comble pour les accueillir pour cette première médiatique. Dès l'entrée en scène de Luc Guérin dans la peau de Bob le barman, la foule était prête à se dilater la rate. Évidemment, l'efficacité comique de ce trio - de très grands amis dans la vie - n'est plus à prouver depuis bien longtemps. Ensemble, ils ont monté plusieurs projets de toutes sortes et les spectateurs sont toujours présents. Encore une fois ici, leur synergie atteint son paroxysme et les rires s'ensuivent.

L'arrivée vaudevillesque de Benoît Brière dans la peau de Verrue demeure un moment marquant de cette pièce. Le comédien, véritable génie de la scène, s'avère aussi physique qu'un jeunot, comme c'était aussi le cas de Michel Côté. Ses complices n'ont toutefois rien à lui envier. Martin Drainville endosse notamment les habits de Pointu, le pompier, et ses phrases mitraillées et mâchouillées sèment encore autant l'hilarité. Luc Guérin, dont la présence scénique et le ton rappel immanquablement Marc Messier, livre une performance ultra-physique impressionnante dans la peau d'un homme beaucoup trop stressé en première partie. Au retour de l'entracte, il ferme le bal de ces hommes primitifs qui fréquentent la taverne, en y amenant son jeune fils, « pour faire de lui un homme ». Benoît Brière l'accompagne dans ce désopilant dialogue entre éméchés.

Encore une fois, les femmes sont écorchées dans ce contexte de 1979, alors qu'elles sont sur le point d'avoir accès à ce lieu masculin qu'est la taverne, grâce à la loi 55. Pendant ce temps, des personnages d'hommes haut en couleur défilent devant nos yeux, intoxiqués et imparfaits, mais toujours hilarants. Le vaudeville ne vieillit pas, tout comme les thèmes qui sont toujours d'actualité en cette ère continuelle du #Moiaussi. Les fidèles ne seront pas dépaysés, si ce n'est le fait que les comédiens n'ont pas conservé la même distribution des rôles. Sinon, le bonheur est toujours à son comble et les réactions de la foule, souvent très fortes, demeurent jubilatoires. Longue vie à cette nouvelle cuvée de Broue!