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Comédie musicale

Rock of Ages : Du cuir, du rock et du spray net

Ça brasse à l’Espace St-Denis (nouvelle appellation du Théâtre St-Denis) ces jours-ci, où la troupe de la comédie musicale Rock of Ages fait trembler les murs avec ses airs des années 1980, ses vêtements de cuir, ses jeans délavés, ses jupes courtes aux couleurs criardes et ses perruques peroxydées qui sentent presque le spray net, dévoilés en première médiatique montréalaise, jeudi.

Spectacle ambitieux ayant pris la route à Québec au début de l’été dernier, passé à Trois-Rivières et maintenant installé à Montréal jusqu’au début novembre, la mouture québécoise de Rock of Ages en met plein la vue et les oreilles. Quand on dit que ça brasse, ce n’est pas un mensonge : la mise en scène de Joël Legendre déménage de la première à la dernière minute, nous laissant à peine souffler.

Rêves de gloire

Sur papier, l’histoire de Rock of Ages est très excitante. C’est celle du rêve américain, des fantasmes de gloire de la jeune Sherrie Christian (Lunou Zucchini, dont le talent constitue l’un des éléments les plus puissants de la production), qui débarque au club de nuit le Bourbon Room, lieux de tous les excès,dans l’espoir de briller telle une grande étoile à Los Angeles. Un flirt se tisse entre elle et le busboy Drew Boley (Jordan Donoghue), qui aspire lui aussi à devenir une rock star. On trouve aussi dans les parages la vedette narcissique Stacee Jaxx (Rémi Chassé), le propriétaire du Bourbon, Dennis (Manuel Tadros), la conseillère du maire de Los Angeles, Régina (Joëlle Lanctôt)… Une distribution très solide.

D'abord joyau de Broadway du milieu des années 2000, où elle a été jouée plus de 2300 fois, Rock of Ages a ensuite suivi le traditionnel chemin du cinéma et est devenu un film en 2012, avec des têtes d’affiche comme Alec Baldwin, Catherine Zeta-Jones et Tom Cruise. On campe ici en 1988 et la trame musicale fait foi de la période : à nous les "We Built This City", "We’re Not Gonna Take It", "I Want To Know What Love Is", "The Final Countdown" et autres "I Can’t Fight This Feeling" emblématiques de ces années!

De l’avis des connaisseurs, notre Rock of Ages québécois est fidèle à l’original théâtral américain. Pour les non-initiés, par contre, le résultat peut paraître inégal. On a souvent une impression de désordre, qu’on imagine voulue et délibérée, pour illustrer l’ambiance brute, de party, adolescente, sans trop de décorum du Bourbon Room. L’oeil extérieur du spectateur, lui, se demande parfois où s’en va ce petit chaos. Son oreille, aussi. D’autant plus que les quatre musiciens, omniprésents en fond de scène tout au long de la soirée, nous octroient rarement du répit pour bien comprendre les dialogues entre les personnages, entre deux chansons. Dès le début de la pièce, l’atmosphère est tonitruante et on aurait besoin d’un peu de contexte pour savoir exactement dans quel univers on se situe. Bref, à trop vouloir faire chanceler les murs, on a peut-être un peu oublié de bien bétonner la fondation.

Mais Rock of Ages demeure un très bon divertissement, festif, ponctué de très bonnes blagues… et d’autres plus juvéniles, en bas de la ceinture. L’assistance réagissait avec énormément d’enthousiasme aux gags, jeudi. Excellente trouvaille que ce narrateur, Loony (Tommy Joubert) qui brise le quatrième mur en s’adressant directement au public.

Seulement par bribes

L’énergie est contagieuse, les chorégraphies de Steve Bolton sont survoltées et parfaitement maîtrisées, les interprètes sont en voix (salutations spéciales à Sharon James, alias Justice Charlier, ex-reine du disco, qui hérite d’un splendide solo), les costumes (évidemment parfaitement adaptés à l’époque) sont colorés, scintillants et, grosso modo, magnifiques… Visuellement et sensoriellement, Rock of Ages touche la cible. C’est davantage dans la clarté du propos qu’on ressent les lacunes.

Autre petite déception : ces légendaires morceaux des années 1980 qu’on connaît par coeur et qu’on aurait voulu entonner très fort, on ne les entend que par extraits ou en pots-pourris. En finale, la bande de Rock of Ages au grand complet s’entasse à l’avant pour offrir un ultime numéro sur l’entièreté de "Don’t Stop Believin’", de Journey, le parterre danse avec elle, et on se dit qu’on aurait tant voulu répéter ce type de moment pendant toute la prestation!

Pour connaître toutes les dates de représentations de Rock of Ages à Montréal, on consulte le site web officiel de la production.