François Morency était de retour sur scène après 10 ans d'absence alors qu'il animait un gala Juste pour Rire ce samedi soir, à Québec.
Comme il a été absent du circuit de l'humour depuis longtemps, il s'est permis plusieurs fantasmes, dont une réunion des Chick'n Swell, avec qui il a souvent collaboré dans sa carrière. Le numéro entier était construit autour du fait que la formation humoriste n'était pas officiellement de retour ensemble. Un clin d'oeil absurde formidable qui a certainement comblé notre coeur de nostalgique.
Ce n'est pas la seule folie que s'est offerte l'humoriste. Ses parents de fiction, les acteurs Vincent Bilodeau et Marie-Ginette Guay, sont aussi débarqués sur la scène au milieu de la première moitié de la soirée. Les fans de Discussions avec mes parents ont été gâtés avec nombre de référents à la comédie culte de Radio-Canada, dont les mini-quiches de Rollande, la quincaillerie de Jean-Pierre et, bien sûr, les romans de Danielle Cuivre. La maman avait même apporté quelques nouveaux exemplaires avec elle, dont deux écrits en l'honneur de la ville de Québec : Yvonne se déboutonne pour l'extra-sauce du bonhomme Asthon, puis, Orgasmes jumbos grâce au Tramway de Bruno.
François Morency a aussi proposé un numéro final musical dans lequel le chanteur « à la voix d'or » Bruno Pelletier interprétait des « insultes jazzées » et a parlé de ses 60 ans, puis de la démence de ses parents dans des stand-up solos, savamment écrits. L'animateur a aussi présenté deux sketchs, filmés préalablement et diffusés en ouverture de chaque partie. L'une des vidéos mettait en scène un médecin aux talents discutables et l'autre, un chef qui hurle sur les restaurateurs, une caricature de Gordon Ramsay. Chacune d'entre elles mettait en vedette des personnalités connues.
Bien que François a brillé d'admirable façon dans son gala, sans des invités de qualité, la soirée n'aurait pas été aussi exceptionnelle. La soirée a débuté en force avec le duo père-fils Mathieu et Benjamin Gratton. Ce dernier a livré une performance remarquable, lançant des gangs mordants, dont un qui s'avère probablement la meilleure ligne de la soirée.
Mon père a daté tellement de filles qu'il n'ait pas circoncis, c'est de l'usure.
Voir le visage fier de Benjamin en constant l'impact de ses mots valait bien plus que le prix du billet pour cette soirée...
Eddy King a aussi frappé dans le mile avec un numéro engagé sur Donald Trump. L'insinuation que Katy Perry serait peut-être une espionne à la solde des Américains pour soutirer des secrets d'État à l'ex-premier ministre canadien a beaucoup fait rire l'assistance. Katherine Levac, avec l'efficacité comique qu'on lui connaît, a abordé sa séparation, son retour dans le monde du dating ainsi qu'une mésaventure après son accouchement. Jay Laliberté et Louis Girard-Bock, qui oeuvrent maintenant en duo, ont cassé la baraque avec leurs allusions plus ou moins subtiles à leur relation ambigüe, entre l'amour et l'amitié. Leurs échanges en anglais - parce que, selon eux, le public ne comprend pas l'anglais - étaient à se tordre de rire.
La Franco-ontarienne Rachelle Elie et le chouchou des habitants de la ville de Québec P-A Méthot ont aussi livré leurs numéros avec assurance et maîtrise. Christophe Dupéré a conclu la seconde moitié avec une anecdote de voyage de golf qui tourne mal. Les auditeurs de Véronique et les Fantastiques se rappelleront de l'expression « éternuchier », devenu rapidement un running gang dans l'émission de Rouge.
Alors voilà, un gala exceptionnel qu'il faudra rattraper immanquablement lorsqu'il sera présenté au petit écran cet automne sur ICI Télé.


