Il y a moins d’un an prenait l’affiche 28 ans plus tard, qui marquait le grand retour du scénariste Alex Garland et du réalisateur Danny Boyle à la barre de la franchise qu’ils avaient créée avec 28 jours plus tard en 2002. D’emblée, le projet était de produire une nouvelle trilogie et de fait, voici déjà l’épisode suivant, toujours scénarisé par Garland, mais réalisé cette fois-ci par la cinéaste américaine Nia DaCosta (Candyman, The Marvels).
Le récit commence exactement où le film précédent s’était conclu, soit alors que le jeune Spike (Alfie Williams) croise la route de sinistres individus portant des survêtements de sport et des perruques blondes. L’un d’entre eux, Sir Lord Jimmy Crystal (Jack O’Connell, vu récemment dans Sinners), arbore un crucifix inversé au cou. Ce détail n’est pas anodin, car ce dernier s’avère être le leader d’une secte satanique qui sème la terreur à travers l’Angleterre post-apocalyptique, en torturant et en écorchant leurs victimes. Ils offrent à Spike de joindre leurs rangs, mais auparavant, il devra survivre à un combat à finir contre l’un d’entre eux…
Parallèlement, le docteur Ian Kelson (Ralph Fiennes) mène toujours une existence solitaire dans son sanctuaire de monuments bâtis avec des os et des crânes humains. Un jour, Samson (Chi Lewis-Parry), un infecté « alpha » mesurant deux mètres et déambulant complètement nu, s’approche de ce Temple des morts. Après l’avoir drogué avec l’aide d’une sarbacane avant qu’il ne l’attaque, Kelson croit déceler une parcelle d’humanité dans le regard du géant. Il entreprend alors de l’apprivoiser, comme le Petit Prince avec son renard…
Derrière la caméra, Nia DaCosta délaisse les expérimentations formelles de Danny Boyle dans le chapitre précédent (l’intégration d’images d’archives, les visions en infrarouge, la version iPhone du « bullet time »), mais son film n’est pas conventionnel pour autant. En portant à l’écran le scénario d’Alex Garland, la réalisatrice s’amuse beaucoup avec les ruptures de ton, passant souvent de l’horreur à la comédie et vice versa. Précisons sans tarder que 28 ans plus tard: Le Temple des morts s’adresse aux spectateurs avertis, parce que la violence est parfois insoutenable et que le fait qu’elle soit jumelée à un humour déjanté pourrait choquer certaines personnes. Par moments, on n’est pas très loin d’Orange mécanique de Stanley Kubrick, avec ses personnages de tueurs truculents. Les discours et l’imagerie blasphématoires abondent également.
Un des choix les plus étonnants est l’utilisation récurrente de chansons de Duran Duran, un groupe pop rock britannique des années 1980 dont le Dr Kelson est un grand admirateur. Mais rien ne surpasse la scène complètement délirante où Ralph Fiennes danse au rythme d’un classique du heavy métal (on vous réserve la surprise). Cette séquence a été applaudie par les gens présents lors de l’avant-première, comme si on était au festival Fantasia, réputé pour l’enthousiasme de son public.
28 ans plus tard: Le Temple des morts ne lésine pas sur les séquences sanglantes en plus de faire rire aux éclats à plusieurs reprises, ce qui fait qu’on passe un moment formidable au cinéma. Sans en révéler la teneur, notons que la fin est ouverte et annonce clairement que le troisième volet de cette trilogie est en préparation. On sera au rendez-vous.
