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Entrevue

Voici comment Jean-Michel Anctil pensait poursuivre l'histoire de Passez au salon

Passez au salon

En mars dernier, on apprenait avec regret la fin de la comédie Passez au salon, après deux saisons franchement populaires présentées à TVA. La situation financière qui prévaut actuellement du côté de ce diffuseur a eu raison de cette amusante série qui mettait un baume sur bien des maux.

Maintenant que la poussière retombe tranquillement, nous nous sommes entretenus avec l'un des créateurs et comédiens de la série, Jean-Michel Anctil, qui ne pouvait cacher la déception qui l'habite depuis cette triste annonce.

L'interprète de Daniel Ostiguy, ce thanatologue aussi débonnaire qu'attachant, a bien voulu nous dévoiler la manière dont l'équipe espérait poursuivre cette histoire de famille, dans une troisième saison dont l'écriture était déjà bien entamée.

Jean-Michel Anctil nous parle d'abord du deuil qu'il a eu à vivre en apprenant la fin de son projet : « C'est une nouvelle qui était très poche, très triste, parce qu'on avait beaucoup de plaisir, puis on voit que c'était aimé par le public. C'est ça qui me fait de la peine. Les gens aimaient ça, ça marchait. On était dans les émissions les plus écoutées l'hiver, puis on était 13e, la première comédie, dans les émissions les plus écoutées, puis les commentaires étaient très, très positifs, puis à l'annonce que ça ne revenait pas, les gens étaient déçus. »

On dirait que ça tourne un peu le fer dans la plaie.

Il explique : « On avait eu comme un go, de commencer à se préparer pour la saison 3, puis là, il fallait déposer un budget pour la saison 3. Après ça, les demandes qui ont été faites de coupures, c'était irréalisable. Alors la productrice nous a communiqué à Louis-Philippe [Dandenault, ndlr] et moi pour dire que malheureusement, il n'y aurait pas de suite à Passez au salon. »

Pour réduire les budgets de production, Jean-Michel et son complice devant comme derrière l'écran, Louis-Philippe Dandenault, avaient déjà accepté des baisses de salaire comme scénaristes avant les tournages de la deuxième saison, puisqu'ils comprenaient les changements demandés dans un milieu devenu plus précaire. Des décisions avaient aussi été prises pour évoquer sans montrer certains pans de l'histoire, notamment tout ce qui concernait le salon funéraire concurrent, dépeint comme une entreprise moderne et à la fine pointe de la technologie, mais qui aurait nécessité des budgets beaucoup plus importants pour exister à l'écran.

La série pourrait-elle revivre de ses cendres ailleurs, sur une autre chaîne ou sur une plateforme? Non, nous indique Jean-Michel qui confirme malheureusement cette décision sans appel. Des ententes contractuelles empêcheraient de nouveaux développements en ce sens.

Le créateur conserve toutefois de l'espoir, tout comme nous, un sentiment qu'il nous décrit ainsi : « Tu sais, je ne sais pas, on dirait que j'ai comme un espoir qu'à un moment donné, on fasse comme, je ne sais pas, qu'on trouve de l'argent, et finalement, cette série-là, ça manque au public, c'était bon, tu sais. »

Pourquoi chercher quelque chose que le public va aimer quand on l'a déjà?

Une histoire qui se poursuivra seulement dans notre esprit

Les téléspectateurs se demandent si Daniel Ostiguy aurait fini par trouver l'amour auprès de sa belle Estelle (Myriam Fournier), la fleuriste du salon funéraire. Jean-Michel Anctil nous confirme qu'une autre trame avait été imaginée par l'équipe, une suite qui offrait quand même une finale heureuse au thanatologue du Salon Ostiguy et fils. Trois épisodes de la défunte troisième saison étaient déjà écrits.

Il nous confie : « Il y avait d'autres choses qui se passaient pour Daniel, il vivait une peine d'amour, puis après ça, il allait rencontrer quelqu'un d'autre. Tu sais, tout ça, ça donnait un autre élan aussi à la série. Je pense que les gens s'étaient attachés à la famille Ostigui, autant à la mère, à Raynald, puis aux deux frères. »

En ce sens, Jean-Michel Anctil témoigne de sa grande affection pour son complice dans ce projet : « Louis-Philippe, pour moi, ça a été une super belle rencontre! On ne se connaissait pas beaucoup, on a appris à se connaître sur le plateau, puis c'est devenu quelqu'un que j'ai adoré travailler avec. On avait une belle complicité, puis on aimait ça développer des idées ensemble, dire "Hey, il pourrait se passer ça, puis là, il pourrait faire ça, puis là, Daniel aussi." Ça, c'était vraiment cool! »

Morts et enterrés trop tôt, les frères Ostiguy vont continuer de vivre dans notre coeur, comme ces deux frangins chamailleurs qui embellissaient nos fins de soirée de leurs pitreries affectueuses. Un grand merci à Jean-Michel Anctil pour cet entretien authentique, mais aussi à toute l'équipe qui a oeuvré sur ce projet, générant au passage bien des rires dans nos salons! La famille Ostiguy va nous manquer.