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Un hommage touchant à l'ami Jean Lapierre à Tout le monde en parle

Paul Arcand parle de la dernière fois qu'il a discuté avec Jean Lapierre : « Je lui ai parlé lundi. C'était un peu notre rituel. Jean venait de prendre des vacances avec sa famille pour la période de Pâques et il devait commencer mardi, au retour de congé. Il me téléphone lundi après-midi en disant « je suis de retour, mais j'ai une mauvaise nouvelle, mon père est décédé. » Je savais que son père était malade depuis un bon bout de temps. On a échangé et il m'a dit qu'il allait prendre le reste de la semaine. Il part aux Îles avec frères et soeur. On placote un peu et il me dit « j'ai un ami vétérinaire qui a un avion, qui a eu la gentillesse de me prêter l'appareil. On part demain matin de St-Hubert ». Et là il me dit juste un moment donné « J'ai regardé la météo aux Îles, ça n'a pas l'air terrible, mais tu sais les Îles comment c'est, ça peut changer, ça peut évoluer assez rapidement... », et on s'est laissé comme ça. »

Chantal Hébert ajoute : « On s'est parlé le matin de Pâques. On s'était parlé souvent dont de l'ami vétérinaire qui a un avion. Donc, quand j'ai vu le premier tweet de l'avion aux Îles-de-la-Madeleine, même s'il ne m'avait pas dit ça, j'ai regardé cela et la connexion s'est faite dans ma tête. [...] J'étais convaincue que Jean était dans cet avion-là et que tous les autres sauf les pilotes étaient des membres de sa famille. »

Les deux amis ont tenté, en vain, de joindre Lapierre dès qu'ils ont aperçu l'image de l'avion qui s'était fracassé au sol. D'abord par textos, puis en téléphonant. Ces efforts sont malheureusement restés sans réponse, ce qui était un indicateur de la mauvaise nouvelle qui allait suivre, selon Arcand et Hébert.

Lorsque Guy A. Lepage demande aux deux invités « On se demande comment une maman peut se remettre d'un drame épouvantable comme celui-là », Paul Arcand manque de mots : « Je ne sais pas. »

Chantal Hébert poursuit : « Si c'était un téléroman, on dirait que quelqu'un a charrié le scénario. »

Arcand ajoute : « Oublions que ce soit Jean Lapierre. Que cela arrive à n'importe quelle famille, il y a quelque chose là-dedans de... »

Puis, Arcand est revenu sur l'hommage émouvant qu'il a rendu à Lapierre au lendemain de sa mort, à la radio, et dans lequel il a indiqué que son ami était irremplaçable, notamment au niveau professionnel : « Irremplaçable parce que c'est quelqu'un qui a ses entrées partout, dans tous les partis politiques. Il pouvait parler à des Libéraux, des Péquistes, il allait à toutes les activités des partis politiques. Il n'y a pas beaucoup de gens qui font ça. »

Évidemment, cet hommage offert à Tout le monde en parle n'aurait pas été le même si on ne s'était pas remémoré avec un plaisir assumé les blagues, le langage coloré et les histoires de Jean Lapierre.

À ce sujet, Chantal Hébert indique : « C'est vrai qu'il avait des expressions imagées. Mais ce que les gens n'ont pas assez dit, c'est que derrière les expressions, il y avait du contenu, du travail. Jean travaillait plus fort, il faisait plus de terrain que la majorité des gens qui pontifient assis dans leur salon en regardant la télévision. »

Pour le plaisir, voici quelques-unes de ses phrases originales, telles que présentées à TLMEP :

  • « Le problème, c'est que l'intégrité c'est comme la virginité, c'est bien dur d'en ravoir. »
  • « Il est à la politique ce que le tofu est à la salade : sans couleur et sans saveur. »
  • « Quand Mulcair se lève, tu sens que les Conservateurs, tu ne pourrais pas leur passer un 10 cents entre les deux fesses ».
  • « Ils avaient l'air d'une gang de gars qui voulaient se mordre le front avec le dentier d'en bas. »
  • « Il était heureux comme un chien dans une boîte de pickup ».

L'entrevue s'est poursuivie pendant de nombreuses minutes encore. Paul Arcand a précisé qu'il se souviendrait pour toujours de son ami pour les raisons suivantes : « Je vais me rappeler de sa contribution à l'intérêt pour la politique, ça c'est sûr. Je vais me donner comme modèle sa capacité de travail assez exceptionnelle. Se dire j'aurais pu surfer sur ma réputation et être un gros chat, ce qu'il n'a jamais fait et qu'il a été intense jusqu'à la fin. Puis je dirais que je vais m'ennuyer profondément de ses appels d'après-midi, pour les chroniques non publiables. »

Le segment de l'émission s'est terminé par une carte de Dany, lue par Chantal Hébert avec une voix étreinte par l'émotion : « L'analyse politique a perdu son plus digne représentant, mais les « partys » de homards viennent d'arriver au ciel. Repose en paix, le Madelinot! Salut, salut, Jean Lapierre! »

Vous pouvez revoir l'émission de ce dimanche et ainsi visionner cet hommage touchant dans son intégralité, en cliquant ici.