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Entrevue

Tournage chaotique de Blue Moon : Le réalisateur parle de l'avenir de la télé

« Blue Moon était un gros test »

« La télévision explore ses limites actuellement. Les budgets ont beaucoup réduit, mais les ambitions montent en même temps que la popularité de Netflix et autres. Donc, tout le monde est en train de faire le point sur où on se situe. On est très ambitieux. Il y a une génération nouvelle qui est là et qui veut faire des choses plus internationales, mais les moyens sont de moins en moins grands. Il faut se battre un peu plus », explique le réalisateur, qui nous a notamment donné l'excellent film Tout est parfait.

«
Blue Moon, honnêtement, c'était catastrophique. C'est peut-être la série plus dure qui a été faite au Québec.
» - Yves-Christian Fournier

« Faire un truc d'action au Québec, c'est très ambitieux, mais il ne faut pas se limiter. Ce serait plate de toujours faire la même affaire de cuisine tout le temps. On doit suivre la masse parce que si on ne le fait pas on va perdre une clientèle. Les jeunes ne vont pas écouter une émission que les plus vieux écoutent sur les chaînes régulières. Les plateformes comme ça [Club Illico] vont devoir être plus audacieuses. Blue Moon était un gros test. Moi, quand je l'ai fait, on m'avait averti. Et déjà là, de gros noms comme Homeland et Zero Dark Thirty flottaient dans l'air. »

« La télé actuellement ça me semble être plus une question de réflexe. On s'ajuste constamment. Le plus d'expérience que tu as, le plus avantagé tu es. Podz me disait : peu importe ce que tu prépares, tu vas le foutre aux vidanges demain. C'est un rythme effréné : une scène aux 20 minutes, aux 30 minutes; tu n'as même pas le temps de parler à tes comédiens. C'est fou! »

« Blue Moon, honnêtement, c'était catastrophique. C'est peut-être la série plus dure qui a été faite au Québec. »

« Adapt or die »

Rappelons que Blue Moon avait été au coeur d'une saga en 2015 alors que les techniciens de l'AQTIS avaient décidé d'arrêter de travailler en raison de conditions de travail extrêmement difficiles. « On a fait partie de la réflexion, mais c'est davantage le plateau de Ruptures qui a engendré le débat. Nous autres, on a suivi. Nous, on était trop occupé à survivre pour faire quoi que ce soit. On avait un nombre de scènes qui était le triple de ce qui est normal en télé. Mais on le faisait pareil. On était content de faire de l'action. Et l'action amène quand même une certaine frénésie. On a fait 86 jours de tournage, c'était vraiment comme un boot camp, à un moment donné tu ne t'en rends plus compte et tu passes au travers. »

«
Il n'y a pas vraiment de solutions. Il faut s'adapter, on n'a pas le choix. « Adapt or die ». » - 
Yves-Christian Fournier

Quand on lui demande si les conditions risquent d'être moins difficiles pour la troisième saison de Blue Moon, qui a déjà été confirmée, le réalisateur reste plus que septique. « Il n'y a pas vraiment de solutions. Il faut s'adapter, on n'a pas le choix. « Adapt or die ». » Il précise que c'est peut-être au niveau de l'écriture que le changement pourrait s'opérer, mais qu'en ce qui concerne les horaires de travail, les choses ne changeront pas.

Yves-Christian Fournier a réalisé sa deuxième série de fiction l'été dernier : Sur-vie avec Mariloup Wolfe et Pamela Anderson. Il est présentement en montage de celle-ci, qu'on attend sur Séries+ pour 2017.