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Ruptures saison 4 : L'introduction vous tétanisera

On savait que l'introduction de la quatrième saison de Ruptures serait percutante, puisque la promotion laissait sous-entendre qu'Ariane en garderait des séquelles. On ne mentait pas. Les 30 premières minutes de cette quatrième saison vous tétaniseront dans votre salon, tant la tension est étouffante. Il s'agit certainement du meilleur épisode de la série, qui était déjà de grande qualité.

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On retombe directement dans les événements qui avaient conclu la troisième saison. Un père en crise menace la vie de son fils dans un huis clos anxiogène. S'immolera-t-il avec le bambin dans les bras ou tentera-t-il de faire du mal à Ariane qui espère calmer le jeu? La suite est troublante et laissera l'avocate marquée à vie et affaiblie physiquement et mentalement. Elle devra demander l'aide d'un complice de métier, Me Marc Dalpé, qui reprendra le flambeau avec expérience. Pendant ce temps, Claude est dans un centre de désintoxication pour combattre son alcoolisme. Jean-Luc De Vries, qui n'a toujours pas digéré sa chute, tentera de revenir dans sa compagnie et gardera Claude dans la mire. Découvrira-t-on enfin le secret qui se cache derrière la mort du père d'Ariane cette saison?

Loin d'être en perte de vitesse, il semble que Ruptures gagne en excellence chaque année. Cette fois sous la loupe du réalisateur Rafaël Ouellet, l'histoire d'Ariane devient difficile, douloureuse et poignante. Le premier épisode ébranlera particulièrement les parents qui souhaiteront ne jamais vivre une situation semblable. J'en ai personnellement eu des frissons pendant plusieurs minutes après la fin du visionnement. Reprenant son rôle de père menaçant, David Savard nous assomme de vérité. Le comédien, qui offre là son meilleur en carrière, se transforme complètement sous nos yeux, le visage distordu par la colère et les yeux creux. Mélissa Désormeaux-Poulin ne fait que confirmer son immense talent en lui donnant une réplique captivante. Dans la peau de Me Dalpé, il fait bon voir Vincent Leclerc dans un rôle sympathique. Il incarne avec charisme et sensibilité cet avocat qui aide une collègue. Saluons aussi la verve de Catherine Trudeau qui offre une réplique parfaitement abrasive à la comédienne principale.

Ce qu'on apprécie particulièrement avec Ruptures, c'est de retrouver des visages qu'on voit trop peu à la télévision québécoise ou en découvrir de nouveaux. Cette année, Brigitte Paquette et Amélie B. Simard, toutes deux excellentes, s'affronteront dans un nouveau cas conjugal tordu dont nous avons hâte de connaître l'issue. Le mari de l'une est le conjoint de l'autre; un homme marié qui menait une double vie tout en étant présent des deux côtés. Lorsque celui-ci décède, laissant des héritiers de part et d'autre, les choses pourraient être complexes à dénouer.

Impossible de ne pas être captivé par ce début de saison, qui ouvre la voie à des histoires familiales complexes et passionnantes. Avec des acteurs toujours au sommet de leur art, une réalisation affutée et un scénario sans faille signé Isabelle Pelletier, Daniel Thibeault et François Camirand, Ruptures assoit sa primauté dans la grille horaire surchargée de l'automne. Pas de doute que les téléspectateurs seront au rendez-vous.