Roast Battle : Tous les coups sont permis

Ces adaptations de formats étrangers ne cadrent pas toujours dans notre contexte québécois. Nous n'avons pas les mêmes valeurs, les mêmes goûts, les mêmes intérêts. Mais, ce Roast Battle avait beaucoup de potentiel chez nous. Le nombre d'humoristes aux carrières florissantes au Québec prouve que l'humour est un art dont on raffole ici. Et, l'humour cinglant, corrosif, voire déplacé n'est pas boudé par les spectateurs, au contraire.

Z propose une émission, pilotée par un Alexandre Barrette dans son élément, mordante et caustique, qui vous fera sourciller à certains moments, mais surtout, rire à gorge déployée.

Deux humoristes s'affrontent dans l'arène, se criblant de gags déplacés et personnels. Trois juges - Mike Ward, accompagné par deux invités - analysent ensuite la performance des deux adversaires afin de déterminer un gagnant. Celui qui remporte le duel passera à l'étape suivante jusqu'à ce qu'un champion soit élu à la fin de la saison.

Dans l'épisode qui nous a été dévoilé cette semaine, Pierre-Yves Roy-Desmarais affronte Jean-Thomas Jobin. Le premier est bien plus aigre dans ses propos que le second. Roy-Desmarais ira jusqu'à utiliser la mort des parents de son opposant pour le mettre K.O. « Jean-Thomas, ses deux parents sont morts pendant sa tournée. Ça me rend triste, même ses parents ne regardent pas son show jusqu'à la fin. » Les humoristes qui participent à cette émission ne doivent, certes, pas être susceptibles, et le public ne peut pas être trop douillet non plus. Les coups bas sont nombreux et violents.

Même les juges goûtent à la médecine de l'émission. Alexandre Barrette présente Cathy Gathier, Rachid Badouri et Mike Ward ainsi : « trois vedettes au sommet de leur gloire; c'est ce que j'aurais pu dire si on était en 2006 ».

On aime cette proposition effrontée de Z qui s'assume pleinement dans son style et son ton irrévérencieux. On ne peut malheureusement en dire autant de l'autre nouveauté de la chaîne, Ceci n'est pas un talk-show, qui nous a laissés sur notre faim, et ce, malgré l'humour contagieux de l'animateur Pierre Hébert et de son formidable acolyte Antoine Vézina.