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The Ranch de Netflix : Retour au sitcom pour Ashton Kutcher et Danny Masterson

Après avoir été la vedette du populaire Two and a Half Men, Ashton Kutcher revient à la charge avec un nouveau sitcom pour Netflix, intitulé The Ranch. Il y retrouve son partenaire de jeu de That '70s Show, Danny Masterson, dans une ode délirante aux valeurs rurales et familiales.

À première vue,
The Ranch
peut paraître facile, même vieillot, tant dans son humour que dans son style, mais la comédie surprend à plusieurs détours.

À première vue, The Ranch peut paraître facile, même vieillot, tant dans son humour que dans son style, mais la comédie surprend à plusieurs détours. Bien que lors du premier épisode, on nous présente Ashton Kutcher qui plonge son bras dans les entrailles d'une vache afin de l'assister dans son accouchement, toute la série n'est pas à ce point primitive et triviale. Bien écrite, bien jouée et touchante, The Ranch, qui avait l'ambition de donner une vitrine aux gens vivant entre la Californie et New York (un public que les créateurs croyaient sous représenté à la télévision), nous rappelle pourquoi nous aimions à ce point That '70s Show il y a quelques années déjà.

The Ranch raconte l'histoire de Colt, un homme qui a quitté la ferme familiale très jeune pour poursuivre son rêve de devenir joueur de football professionnel. Lorsqu'à 34 ans il réalise qu'il ne rejoindra jamais les ligues majeures, il retourne sur le ranch de son père afin d'apporter son aide à ce dernier et à son frère. Malheureusement, il n'est pas accueilli aussi chaleureusement qu'il le souhaitait. Son paternel, un vieux grincheux, lui en veut d'avoir abandonné sa famille, 15 ans plus tôt, pour pourchasser de vaines aspirations sportives.

Masterson et Kutcher possèdent un sens du rythme et du punch incomparable, nécessaires à l'efficacité de ce genre de comédie de situation. Les personnages qu'ils interprètent sont attachants et crédibles. Le premier est un cowboy pince-sans-rire casanier et le second, un ancien champion de football narcissique et obstiné.

Le père bourru et rancunier, joué par l'excellent Sam Elliot, apporte une dynamique intéressante au trio père-fils qu'il forme avec Masterson et Kutcher.

Le père bourru et rancunier, joué par l'excellent Sam Elliot, apporte une dynamique intéressante au trio père-fils qu'il forme avec Masterson et Kutcher. L'efficacité comique d'un personnage comme celui-là, qui critique chacune des initiatives de ses fils et envoie promener tout le monde; y compris la doctoresse qui doit soigner son dos et l'ancienne petite amie de son fils, est non négligeable. La mère de la famille, interprétée par Debra Winger, tenancière du bar du quartier, franche et directe, possède aussi un potentiel humoristique substantiel. Précisons tout de même que les personnages masculins sont beaucoup plus drôles que les quelques femmes de la production, qui tentent de trouver leur place dans ce monde d'hommes.

Bien que
The Ranch
sort rarement de son cadre
sitcomesque,
il propose tout de même une formule relativement inusitée qui ose pousser au-delà de l'attendu.

The Ranch utilise efficacement les 30 minutes que lui permet le format de Netflix. La série aurait probablement souffert d'un 22 minutes sur une chaîne traditionnelle. On peut aisément s'imaginer que ce sont les scènes plus intimes et émotives qui auraient été coupées, au profit d'une série soutenue de gags, plus profitable au final. Bien que The Ranch sort rarement de son cadre sitcomesque, il propose tout de même une formule relativement inusitée qui ose pousser au-delà de l'attendu.

Netflix s'est engagé à produire 20 épisodes de The Ranch. Les 10 suivants seront diffusés à l'automne 2016.