Qu'est-ce qui cloche dans Info, sexe et mensonges?

La première émission d'nfo, sexe et mensonges, présentée le 23 septembre dernier sur les ondes d'ARTV, nous avait semblé fort prometteuse; il était bon de revoir enfin ce personnage éclaté et inimitable du petit écran reprendre le contrôle des ondes! Malheureusement, ce premier épisode a été le meilleur présenté depuis.

Après un mois à l'antenne, on ne peut s'empêcher de constater qu'il manque ce petit quelque chose de magique qui faisait de chacune des interventions de Marc Labrèche à la télévision un incontournable.

Info, sexe et mensonges traite de sujets beaucoup trop loin de l'actualité pour sensibiliser, intriguer et soutirer aux téléspectateurs les rires escomptés.

Info, sexe et mensonges traite de sujets beaucoup trop loin de l'actualité pour sensibiliser, intriguer et soutirer aux téléspectateurs les rires escomptés. Avec l'essor des nouveaux médias, la nouvelle est beaucoup plus éphémère qu'elle l'était à une certaine époque (notamment lors de la diffusion de La fin du monde est à 7 h sur les ondes de TQS). Rapporter une tranche de l'actualité des semaines après sa première éclosion dans les journaux est un effort inutile, même si on modifie le contenant et diversifie le contenu.

Vendredi dernier, Marc Labrèche a disserté (de façon unique, bien entendu) sur les quotas infligés aux propriétaires d'érablières qui les empêchent de vendre leur sirop au-delà d'une certaine quantité même si la production a été particulièrement bonne, comme ce fut le cas en 2016. La nouvelle a été rapportée dans les médias traditionnels et sur le web à la fin du mois de septembre. Trois semaines plus tard, la chose - bien qu'intéressante - n'a plus de résonance suffisante dans l'actualité pour interpeler le public. Bien entendu, il n'y a que le Grand Blond pour parler d'une « mafia » collante et pour comparer le sirop d'érable à la cocaïne de Pablo Escobar. Malheureusement, le style unique de Labrèche n'est pas suffisant pour convaincre les téléspectateurs de suivre hebdomadairement son émission.

Labrèche a fait sa réputation notamment grâce à son incroyable talent d'improvisateur. Même quand ses interventions étaient scriptées, il nous livrait la chose avec un naturel décapant, nous laissant croire à de l'improvisation. Dans Info, sexe et mensonges, on a l'impression que l'animateur se réfère constamment à un télésouffleur. Et que dire de ses intervenants qui manquent de naturel et de laisser-aller.

Dans 
Info, sexe et mensonges,
on a l'impression que l'animateur se réfère constamment à un télésouffleur. Et que dire de ses intervenants qui manquent de naturel et de laisser-aller.

 

L'exemple le plus probant de cette problématique est certainement ce transgenre qui a fait une visite sur le plateau de Labrèche la semaine dernière pour s'exprimer sur les toilettes neutres. Le jeune homme avait visiblement appris un texte et le récitait comme un élève de troisième année au primaire devant sa classe pendant un exposé oral. Pourquoi ne pas l'avoir laissé s'exprimer dans ses propres mots? L'animateur a les habiletés requises pour mener adroitement une entrevue, pourquoi avoir écrit ce segment? Info, sexe et mensonges prend de drôles de décisions, qui nous laissent perplexes. Espérons que Marc Labrèche et son équipe sauront corriger ces petites faiblesses qui rendent l'expérience moins agréable et qui nous font regretter ces belles années de La fin du monde.