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Only Murders in the Building : les apparences sont souvent trompeuses

Satisfait
Notre critique
Un « whodunit » étonnamment bien ficelé mené par un trio de comédiens en très grande forme.

Only Murders in the Building unit le destin de ses trois protagonistes par l’entremise d’une scène aussi significative que réjouissante.

Sur papier, les membres de cet improbable trio n’ont absolument rien en commun, si ce n’est l’édifice où ils habitent.

Charles (Steve Martin) est un acteur vieillissant ayant connu un certain succès dans les années 1990 vivant une vie rangée et peu stimulante; Oliver (Martin Short) est un metteur en scène excentrique de Broadway dont l’heure de gloire est également passée depuis un bon moment; et Mabel (Selena Gomez) a été chargée d’aménager l’appartement de sa tante.

Mais lorsqu’ils découvrent qu’ils vouent tous trois un culte au même balado de true crime, toutes les barrières qui les séparent tombent subitement. Ces derniers partent d’une passion commune pour ouvrir un dialogue, faire fi de leurs idées préconçues, et apprendre à mieux se connaître.

C’est fort simple, voire candide, mais c’est également une idée rassurante dans un monde comme le nôtre dont la série fait constamment bon usage.

Enfin bref, comme le hasard fait souvent bien les choses en fiction, durant l’évacuation ayant mené à leur première vraie rencontre, un homme est décédé dans leur immeuble. Déjà obsédés par les quelques informations les laissant croire que la thèse du suicide avancée par les autorités ne tient pas la route, ils tenteront d’élucider le mystère. 

Le tout en saisissant la balle au bond pour faire de leur enquête amatrice le sujet d’un nouveau balado.

Une chose que la série imaginée par John Hoffman (Grace and Frankie) et Steve Martin fait particulièrement bien, c’est de compenser pour le peu d’intérêt que nous sommes enclins à porter au départ aux implications de l’intrigue par l’entremise du développement de leurs personnages.

L’excellente stratégie employée ici est de nous démontrer que même nos enquêteurs en herbes ont une profondeur insoupçonnée sous la surface typée qu’ils projettent à leur façon au reste du monde. Le tout confère certainement un côté plus dramatique à une histoire penchant davantage du côté de la légèreté et de la comédie, ainsi qu’une certaine vulnérabilité aux personnages, laquelle rendra leur amitié grandissante encore plus prenante.

De sorte que lorsque nous arrivons au moment où nous avons enfin une raison de réellement nous intéresser à leur enquête, nous sommes déjà bien investis dans leurs quêtes individuelles et collectives.

Les révélations et les revirements de situation ont une réelle résonance émotionnelle - et sont du coup beaucoup plus satisfaisant -, nous rendant impatients de découvrir la suite, au même titre que les individus suivant leur balado ont hâte de découvrir l’identité du coupable.

Les auteurs font d’ailleurs bien évoluer cette approche d’épisode en épisode pour multiplier les points de vue sur l’affaire en cours. Le septième épisode de cette première saison s’avère d’ailleurs totalement génial à cet égard, la dynamique narrative étant totalement adaptée à une caractéristique clé du personnage central de ce chapitre.

Only Murders in the Building est une série qui ose prendre son temps, même si le rythme de chaque épisode de trente minutes demeure réglé au quart de tour. Une série qui sait quand privilégier certains éléments narratifs et dramatiques ou, au contraire, les mettre de côté pour les rendre plus payants le temps venu.

Et les auteurs demandent du coup aux spectateurs de faire de même, donnant bien à chaque épisode de très bonnes raisons d’anticiper le suivant, mais les amenant à bien assimiler tout ce qui leur a été servi jusqu'ici. La dimension « spectacle » venant avec l'élaboration du balado confère également un ton satirique finement nourri à l'ensemble.

Certes, il ne s’agit pas d’une relecture du genre classique du « whodunit» aussi renversante que le Knives Out de Rian Johnson. Mais il demeure fort agréable de renouer avec cette forme d'écriture plus classique, qui ne se prend jamais trop au sérieux, et qui ne cherche pas seulement à faire vibrer notre fibre nostalgique.

Et il fait certainement plaisir de retrouver Steve Martin et Martin Short en aussi grande forme, aux côtés d’une Selena Gomez qui ne s’en laisse aucunement imposer. Ces derniers forment un trio diablement efficace, chacun ayant l'occasion de capitaliser sur les forces qu’on lui connaît.

La série réserve également un caméo d’une célébrité particulièrement hilarant duquel elle tire un excellent running gag, en plus d’introduire un antagoniste développé avec tout autant de soin, et interprété avec le même aplomb.

Bref, une très belle surprise.

Les trois premiers épisodes de Only Murders in the Building seront disponibles ce mardi 31 août, sur Disney+. Un nouvel épisode sera proposé les mardis suivants.