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Lupin : toujours délicieusement tiré par les cheveux

Après cinq mois d’attente, la deuxième partie de la série Lupin est enfin disponible sur Netflix. Le temps est donc venu pour Assane Diop et Hubert Pellegrini de reprendre les hostilités. Une lutte à finir entre la ruse et le pouvoir de l’argent.

Sans surprise, la série française imaginée par George Kay, qui a connu un succès inespéré en début d’année partout dans le monde, continue de s’imposer comme une version en prises de vue réelles d’un dessin animé du samedi matin.

Les héros n’ont rien à leur épreuve, les méchants sont très méchants, et toute notion de vraisemblance a été soigneusement laissée à l’extérieur de la salle d’écriture.

Heureusement, il n’y a rien d’aussi déconcertant dans ces cinq nouveaux épisodes que lorsqu’Assane Diop et la journaliste piégée Fabienne Beriot avaient omis de faire une copie d’un enregistrement compromettant qui aurait pu faire extrêmement mal à Hubert Pellegrini.

Si tel avait été le cas, la série aurait tout simplement pris fin après quatre épisodes.

Ceci étant dit, on continue de sentir que les auteurs tirent beaucoup trop les ficelles, font agir leurs personnages d’une manière qui ne fait parfois aucun sens, et utilisent les prétextes les plus faciles pour faire progresser l’histoire.

Comme on dit en bon québécois : ils ne se sont pas trop cassé le bicycle.

Et pourtant, l’histoire se laisse toujours dévorer d’un coup. Et une grande partie du mérite revient définitivement aux personnages, et surtout à leurs interprètes. Il y a évidemment le charisme sans égal d’Omar Sy, mais aussi la prestance d’Hervé Pierre (sinistre à souhait dans la peau d’Hubert Pellegrini).

Nous nous doutons bien de comment toute cette histoire va se terminer. Nous réussissons souvent à deviner les stratagèmes employés par Assane et son fidèle acolyte Benjamin pour aller au bout de leur projet, ou se sortir d’impasse.

Mais Lupin parvient malgré tout à rendre son public fébrile et impatient de voir la suite des choses se matérialiser, d'observer son héros triompher et son pire ennemi tomber enfin de son piédestal. 

Cette deuxième partie se joue d’ailleurs comme une partie d’échecs, chaque joueur essayant de prévoir le prochain coup de son adversaire pour mieux le surprendre avant qu’il puisse mettre son plan à exécution.

Et lorsque nous arrivons à la fin, nous réalisons que c’est l’un des premiers coups - joué évidemment à notre insu (ou presque) - qui a été le plus déterminant.

Les problèmes énoncés précédemment au niveau du scénario pourraient être encore plus facilement pardonnables si George Kay et son équipe embrassaient encore plus cette démesure et cette candeur.

Car si l’intrigue de Lupin, aussi satisfaisante puisse-t-elle être, tient souvent avec de la broche, son univers et ses personnages, eux, sont particulièrement bien définis. Et c’est la raison pour laquelle la série a autant fasciné.

En ce sens, nous ne pouvons également qu’espérer le retour du personnage interprété par Stefan Crepon pour la suite des choses.

Pour la troisième partie, souhaitons que l'équipe de création se permettra d'y aller à fond dans ce côté plus cartoonesque.

C’est ce qui a sauvé la série dès le départ, et qui nous a rendus accros par la suite.

Les dix épisodes de Lupin sont disponibles dès maintenant, sur Netflix.