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Critique

Le jeu à TVA : La nouvelle série addictive de la saison

Je dois l'avouer d'emblée : la bande-annonce de la série Le jeu ne m'avait pas convaincue. Je plongeais donc, hier, dans les deux premiers épisodes de cette nouveauté envoyés aux médias avec une certaine réserve. Les projets qui touchent les technologies peuvent être risqués et il ne faut que quelques erreurs factuelles pour faire basculer le tout du côté de l'invraisemblance. Rassurez-vous tout de suite, ce ne semble pas être le cas de ce nouveau projet. Cette histoire de cyberintimidation se déploie sous nos yeux comme un suspense complexe et addictif, mené par des acteurs de haut niveau. Les lundis soirs seront loin d'être ennuyants dès septembre...

Laurence Leboeuf incarne Marianne, une conceptrice de jeux vidéo qui a le vent dans les voiles après qu'une de ses créations indépendantes ait remporté un succès étonnant. Elle est d'ailleurs la première femme à être en nomination au Gala Numix qui récompense l'excellence en technologies et jeux, ce qui ne fait pas l'unanimité dans sa communauté misogyne. Son travail est maintenant chapeauté par le studio Arcade Games où elle y côtoie son amoureux Julien (Éric Bruneau), dont la dernière création interactive a plongé Montréal dans une véritable frénésie à la Pokémon Go. Après une escarmouche filmée où ses préjugés ont explosé au grand jour, Marianne se retrouve au coeur d'une controverse qui enflamme les réseaux sociaux. Elle devient rapidement la cible de cyberintimidateurs dont les menaces vont très loin. Sa vie serait-elle en danger? Victime d'une agression dont elle ne garde aucun souvenir, Marianne devra tenter de se sortir de cette situation problématique dans laquelle elle est plongée bien malgré elle.

Le jeu s'intéresse à un phénomène franchement d'actualité, l'intimidation. Elle se manifeste ici sous plusieurs formes : sur les réseaux sociaux où les identités sont floues comme dans un vestiaire de jeunes sportives compétitives. Les mots peuvent souvent dépasser la pensée, dans la vraie vie, mais surtout sur le web où chacun se permet d'émettre une opinion sans retenue ni filtre. Pourtant, on a tendance à banaliser la cyberintimidation, comme le fait l'héroïne dans la série, en mettant le tout sur le compte de trolls qui n'ont « pas de vie ».

L'histoire de cette série rappelle vaguement un fait réel où deux développeurs de jeux avaient été renvoyés par leur compagnie après avoir eu un démêlé avec des joueurs sur Twitter. La thématique est donc pertinente. Certes, les situations paraissent parfois démesurées pour un marché comme Montréal et les visuels des jeux vidéo nous font revenir dans le temps, mais on pardonne ces lacunes à l'histoire accrocheuse écrite par Mylène Chollet et Martin Girard.

Dans ce contexte, les comédiens se font tous plausibles, particulièrement Laurence Leboeuf qui est comme un caméléon dans chacun de ses projets. La jeune femme peut tout jouer et elle en fait encore la preuve. À ses côtés, Éric Bruneau se la joue hipster tandis que Debbie Lynch-White nous fait oublier les airs renfrognés de Nancy Prévost dans Unité 9 avec un rôle sympathique. Maxim Gaudette s'avère aussi très crédible dans le rôle d'un charismatique patron de boîte de jeux vidéo qui voit grand. La caméra hyperactive de Claude Desrosiers et Anne De Léan ajoute à l'effet de suspense tandis que la musique, très présente, voire anxiogène, renforce l'atmosphère pesante.

Peut-être pas aussi subtil que Fugueuse, Le jeu reprend le même format addictif que cette série à succès de la saison dernière. Dans 10 épisodes bien tassés, on voudra savoir si Marianna peut s'en sortir face à des intimidateurs qui font plus que parler. Est-ce que la suite continuera d'être pertinente ou si elle versera de plus en plus dans l'exagération? Il faudra la regarder pour le savoir. Dès le 10 septembre à TVA.