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Affaire Claude Jutra : Marc Béland s'excuse à Tout le monde en parle

Vous pouvez voir l'essence des propos de Marc Béland dans l'article suivant.

Invité à Tout le monde en parle, le comédien, visiblement déçu de lui-même, a tenu à faire des excuses publiques.

« Je n'ai pas eu la bonne attitude, je regrette de m'être emporté, je m'excuse d'ailleurs auprès de M. Levers, auprès des Éditions Boréal et auprès de Michel Brûlé d'avoir employé des termes qui dépassaient ma pensée parce que j'étais hors de moi, dit-il. C'était un ami, et là je voyais sur papier des accusations très très graves, sans preuve. Et pour moi c'était de l'ordre du jaunisme. Et, tout à coup, j'ai eu cette phrase très maladroite de dire que tant qu'il n'y a pas de dénonciation, il n'y a pas de crime. Je retire cette phrase. Je suis complètement désolé si j'ai pu heurter des victimes. Je disais ça parce que pour moi les relations de Claude avec des jeunes hommes se faisaient dans une « légalité ». Je réitère encore : c'est une phrase maladroite que j'ai dite sous le coup de la colère et j'aurais dû réfléchir, me calmer et attendre que le temps fasse son oeuvre, mais je n'ai pas su le faire et je m'en excuse très très sincèrement. »

L'auteur du livre, M. Yves Lever, était également sur le plateau de Guy A. Lepage dimanche. L'animateur l'a interrogé sur les intentions qu'il avait en voulant rendre les crimes de Jutra publics.

« Je n'ai pas voulu rendre ça public, j'ai voulu faire une biographie complète de Claude Jutra, qui est une institution dans le cinéma québécois. J'ai voulu parler de l'homme total qu'il était. C'était un homme complexe, qui a eu plus de bons côtés que de mauvais côtés, mais l'idée de la biographie c'est d'aller voir ce qu'il y a derrière le mythe, l'homme derrière le mythe. Quand on commence la série d'entrevues. Très vite quelqu'un me dit : « il y a un tabou qu'il faut briser. Il y a plusieurs personnes qui le savent. Il a eu des relations pédophiles avec quelques jeunes. Mon travail ça a été de corroborer ce qu'on m'a dit. »

Le journaliste Yves Boisvert, invité pour parler de l'émission Info, sexe et mensonges, intervient et s'adresse à l'auteur « Vous lâchez une bombe au milieu du livre. Vous ne pouvez pas vous étonner que ça fasse cette réaction-là. Vous ne videz pas le sujet. Vous arrivez en début de semaine en disant « moi je le sais qu'il est pédophile, mais je ne vous le raconterai pas ». L'histoire n'est pas racontée. Vous mettez ça au milieu du livre dans un chapitre qui s'appelle : « Les amours de Claude Jutra ». Donc, on ne sait pas ce qu'il a fait. Vous mettez les gens devant une absence de récit. »

Ce à quoi M. Lever répond : « Si j'avais écrit ce qui a été écrit dans La Presse, on aurait dit : « c'est du sensationnalisme, c'est du jaunisme »».

L'animateur a ensuite pris la parole pour lire une lettre de « Jean », la victime de Claude Jutra, qui avait été envoyée à l'équipe de Tout le monde en parle. « Le but de ma dénonciation était de briser le silence pour possiblement prévenir certains abus sexuels et me délivrer. (...) Est-ce que vous pouvez profiter de votre plateau pour, ceux qui le veulent, mentionner des pistes qui aideraient à déceler des pistes de pédophilie dans leur entourage puisque le plus grand pourcentage des agressions sont commises par des personnes proches des victimes. »

« Claude Jutra a laissé derrière lui quelque chose qui est important pour l'identité québécoise », précise l'auteure Rafaële Germain, aussi invitée pour sa participation à l'émission Info, sexe et mensonges. « C'est pour ça que c'est un débat douloureux pour tout le monde. »

M. Lever a quand même tenu à préciser que l'oeuvre du cinéaste, malgré ses pratiques pédophiles, demeurait. « J'espère que les gens vont continuer de visionner l'oeuvre. »