Le 26 juin dernier, Cédric Bélanger du Journal de Québec publiait un premier article sur la précarité financière des artistes. « Nos artistes peinent à joindre les deux bouts ».
Il s'est entretenu avec la comédienne Marie-Ève Beaulieu qui a eu la chance d'obtenir beaucoup de rôles à sa sortie du conservatoire en 2004, puis un jour tout s'est arrêté. Elle est passée de revenus de 130 000 $ par année à 5 000 $. Même si on la voit actuellement dans Antigang, elle ne roule pas sur l'or. « J'ai tourné 16 jours cette année. C’est formidable, mais personne ne vit avec 16 jours », confiait-elle au journaliste.
Sur ses réseaux sociaux, l'actrice a indiqué qu'elle avait reçu de la haine suite à la publication de cet article.
« Force est de constater qu’il existe une profonde méprise, doublée d’un violent mépris, envers les artistes. Et j’oserais dire, les femmes-artistes », indiquait-elle.
Elle a partagé sa réponse à une « longue suite de commentaires d’un certain individu ».
Celle-ci va comme suit : « Mon cher X,
Permettez-moi de m’exprimer un brin sur ma publication, qui semble vous donner une belle occasion de vous défouler. Ça sert aussi à ça, les artistes, on dirait !
Comme de nombreux collègues dans ce métier - talentueux, débrouillards et travaillants - j’ai dû me réinventer, moi aussi. Et ce, bien avant une certaine pandémie.
Entre autres « boulots », je suis allée enseigner au primaire, un autre milieu en crise, pour lequel j’ai un profond respect - et une grande admiration !
Et non, une actrice ne s’improvise pas prof, même si j’en possède certaines qualités humaines, qui ne semblent pas être données à tout le monde…
J’y ai persévéré, dans des conditions plus que problématiques, là où des personnes qualifiées et dont c’était le métier abandonnaient, elles aussi à bout de souffle. Lorsque j’ai quitté, la direction et les professeurs m’ont même demandé d’aller parler publiquement de mon expérience, afin de soutenir leur cause.
À travers de nombreux combats que je dois mener à bout de bras, j’ai choisi de défendre la cause des artistes. Parce qu’il s’agit de mon métier, de ma formation, et de ma passion ! Et que malgré une présence concrète « dans vos salons », une certaine réalité mérite d’être dévoilée. Comme vous nous en faites la généreuse démonstration !
Ne doutez pas de notre résilience.
J’en profite pour remercier tous ceux qui joignent leur voix à la mienne, pour faire avancer cette cause qui visiblement, mérite qu’on la mette au grand jour ! »
Nous souhaitons à Marie-Ève que le téléphone sonne davantage! En attendant, on se délectera de la poigne de fer de son personnage de Me Béatrice Giguère dans Antigang!


