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L'actrice Amélie B. Simard s'ouvre avec franchise sur la dure réalité du métier

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C’est un fait, le milieu culturel traverse une grande crise, et ce, depuis quelque temps. À tel point que bon nombre d’artistes, qu’ils proviennent du théâtre, du cinéma ou de la télé, doivent effectuer certains compromis, quitte à orienter leur carrière dans une tout autre direction. 

L’actrice Amélie B. Simard, que nous avons pu voir récemment dans la comédie Bonne nuit Chuck, s’est justement confiée sur ce sujet, dans une touchante publication partagée sur ses réseaux sociaux. En fait, si celle-ci déclare être toujours passionnée par le métier, même après 33 ans, la réalité est telle que la situation a beaucoup changé au cours des dernières années, et qu’elle doit ainsi composer avec un autre volet du métier.

« Je suis comédienne depuis l'âge de 8 ans. J'en ai 41 aujourd'hui. Et même si ça n'a pas toujours été un métier facile, j'ai toujours cru qu'avec le temps, l'expérience, le travail, les années... j'allais finir par trouver ma place. La vérité, c'est qu'à 41 ans, trouver ma place reste difficile. Maintenant, avoir une audition est devenu une denrée rare. Et quand une occasion se présente, on a l'impression qu'il faut tout miser dessus, parce qu'on ne sait pas quand viendra la prochaine. Ça ajoute une pression énorme à un processus qui est déjà stressant en soi. Moins de projets, moins d'occasions d'auditionner, et beaucoup de comédiennes et de comédiens qui espèrent simplement avoir la chance de montrer ce qu'ils savent faire.

Et je sais que je suis loin d'être la seule. Si aujourd'hui j'arrive encore à vivre de mon métier, c'est en grande partie grâce à la voix publicitaire. Et j'en suis profondément reconnaissante. Parce que sans ce volet de mon travail, il y a longtemps que j'aurais dû me trouver un autre métier pour gagner ma vie. Dans les derniers temps, j'évite certaines premières. Pas parce que je n'ai pas envie d'y être ou de célébrer le travail des autres, mais parce que j'ai développé une anxiété face à cette question toute simple qu'on nous pose souvent : «C'est quoi ton prochain projet? » Et souvent, je ne sais pas quoi répondre. Je ne sais pas c'est quoi mon prochain projet. Je ne sais pas quand sera ma prochaine audition. Et j'ai envie d'en parler ici. »

Elle poursuit, affirmant que son cri du coeur n’est pas pour « faire pitié », mais bien pour qu’on puisse jeter un regard sur une réalité observée par plusieurs visages du métier. 

« Derrière les tapis rouges, les premières, les photos et les quelques visages qu'on voit partout, il y a énormément de comédiennes et de comédiens talentueux qui attendent. Qui travaillent ailleurs pour pouvoir continuer à exercer leur métier. Qui doutent. Qui essaient de rester dans la course Qui se demandent combien de temps ils pourront continuer à exercer ce métier qu'ils aiment. et dans lequel is.ont tant investi. La réalité, c'est qu'une toute petite minorité arrive réellement à vivre du jeu. Et notre culture québécoise traverse quelque chose de difficile. Derrière « la culture », il y a des humains qui essaient de continuer à créer, à raconter nos histoires et à exercer le métier qu'ils aiment. J'aime profondément mon métier. Après 33 ans, je l'aime encore. Je veux encore jouer. Je veux encore raconter des histoires. Je veux encore avoir la chance d'essayer. Et je souhaite de tout mon cœur qu'il y ait plus de place pour plus d'artistes. »

Souhaitons que cette prise de parole puisse être entendue, afin qu’Amélie et tous les artisans touchés par cette même situation puissent continuer de contribuer au rayonnement de notre culture! 

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