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Pierre Hébert épate avec un premier gala ComediHa! de maestro

Les galas d'humour peuvent souvent être inégaux. On y retrouve des artistes de tous les horizons aux styles divers, ce qui peut occasionner un déséquilibre. Pourtant, il arrive parfois que l'on tombe sur un gala parfaitement balancé, rythmé et hilarant en tous points. C'est exactement ce que nous ont offert Pierre Hébert et ses invités ce vendredi, dans le cadre de ComediHa! Fest-Québec. Sans temps mort, cet événement de haut calibre où l'expérience côtoyait l'émergence fourmillait de coups de coeur, de franche camaraderie et de moments surprenants. En maestro, Pierre Hébert a mené le tout avec une authenticité désarmante, voire irrésistible. Tout le travail derrière le résultat était perceptible.

Comme c'est très souvent le cas à ComediHa!, la soirée a commencé avec un numéro étoffé et imposant pendant lequel on a vu défiler plusieurs personnalités connues sur scène. En critiquant les gens qui font des demandes à l'univers, Pierre Hébert a fait apparaître par inadvertance sa bonne fée marraine, l'unique Denis Barbu (Sébastien Dubé), qui a réalisé quelques-uns de ses rêves. Parmi ceux-ci, il y avait celui d'embrasser Annie Brocoli et Mahée Paiement, présentes pour l'occasion. Marc-André Coallier, Olivier Primeau et les légendes du 281 suivaient dans une ouverture étonnante qui a mis en lumière la superbe complicité d'Hébert et Dubé.

Il ne fallait pas chercher de moments moins efficaces par la suite, puisqu'il n'y en avait pas. En première partie, Sam Breton a réussi à transformer une simple anecdote de couche en un hilarant récit de gardiennage, livré en crescendo. Celui-ci possède un rare talent de conteur et nous sommes impatients de découvrir son premier one-man-show. L'unique Christine Morency, étoile montante de l'humour s'il en est une, suivait avec une visite aux douanes qui a mal tourné. Ce numéro, aussi offert en première partie du spectacle de Mike Ward, valait à lui seul le détour et a fait crouler la salle de rire. On en aurait pris plus. Étienne Dano a amusé en proposant plusieurs versions de l'histoire de « Pet pis répète s'en vont en bateau », la plus efficace étant la politiquement correcte de 2019. L'illusionniste Luc Langevin a fait appel à plusieurs spectateurs pour un segment complexe qui a failli mal tourner à cause du roi lion (il fallait être là pour comprendre). Puis, Phil Roy - notre coup de coeur devant l'éternel - s'est dévoilé et du même coup libéré en abordant son anxiété dans un segment à la fois personnel, vrai et désopilant. La première partie s'est terminée alors qu'on assistait à une thérapie de groupe en compagnie de l'animateur, Marie-Claude Barrette, Marc Beaupré et Florence Longpré. Celle-ci a complètement volé la vedette avec son personnage de femme coincée en manque de peau.

Au retour de l'entracte, la qualité et les ovations étaient encore au rendez-vous. Mélanie Ghanimé a joué d'audace en relevant les doubles standards de notre société et en discourant sur le sexisme dans le milieu de l'humour. Michel Boujenah, vétéran de l'humour français, s'est moqué allègrement des spectateurs dans les premières rangées, en oubliant presque son monologue quelque peu contradictoire sur les femmes. L'humoriste de la relève Matthieu Pepper, dont c'était le premier gala, a fait un tabac en expliquant ne pas vouloir vieillir. Enfin, le sympathique et toujours efficace Martin Vachon a tenté en vain de casser son image de bon gars, soulevant les rires au passage.

En guise de conclusion, Pierre Hébert a décidé de briser les conventions en offrant un extraordinaire et audacieux numéro d'humour symphonique qui s'est terminé dans l'émotion la plus totale. L'humoriste a livré, coeur battant, une ode à l'existence qui avait de quoi nous donner de grands frissons. Il était accompagné par un chef d'orchestre, neuf musiciens et une chorale sur scène. Le résultat, d'une grande beauté, était à la fois intelligent, inédit et complètement renversant. Les larmes aux yeux, Pierre Hébert a conclu son monologue musical en clamant son amour pour la vie et nous ne pouvions qu'être en accord avec lui. Espérons que les acclamations prolongées qu'il a reçues en retour lui donneront l'envie de retenter l'expérience l'an prochain.