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Critique et Galerie de photos

Merci : Un 3e one-man-show beaucoup plus sage pour Philippe Bond

Philippe Bond est l'un de nos plus grands raconteurs du Québec. Avec son nouveau spectacle, intitulé « Merci », l'humoriste confirme ce statut de conteur émérite.

Personne d'autre n'arrive à mieux raconter une anecdote que Bond. Quand il nous explique comment son père a peint un sapin dans sa cour, on s'imagine très bien celui qu'il décrit comme « le farfadet de la montagne » maquiller un arbre en pleine nuit avec une lampe frontale sur la tête et une bonbonne en aérosol dans les mains, riant dans sa barbe, fier de son coup.

Bond propose encore une fois des histoires farfelues qui nous captivent. La plupart de celles-ci concernent sa famille : son père, sa mère et ses grands-parents sont ses principales inspirations. Celui qui vient tout juste d'avoir un enfant prend aussi le temps de décrire son nouveau mode de vie, plus casanier. Les couches pleines, les courtes nuits et son expérience avec le tire-lait de sa blonde font partie des sujets qu'il exploite. Malheureusement, Bond ne révolutionne pas la roue en ce sens. Ses anecdotes de nouveaux papas sont plutôt convenues. Et que dire de ce long passage sur une crotte de nez... il ne faut peut-être pas sous-estimer l'efficacité d'une bonne blague de pet, mais ici on abuse certainement du premier degré.

On doit dire qu'à plusieurs reprises, on a eu un drôle de sentiment de déjà-vu. Bien que Philippe Bond n'ait pas participé à un gala télévisé l'an dernier, on a l'impression d'avoir entendu quelques-uns de ses numéros/blagues par le passé. Il a certainement laissé glisser quelques gags en entrevue puisque le matériel nous était parfois familier.

Par ailleurs, on a beaucoup aimé la boucle reliant le début et la fin de son spectacle. On ne vous en dit pas davantage pour ne pas briser l'effet comique du procédé.

Bien que ce troisième spectacle s'avère plus sage, plus classique que ses deux précédents efforts (et probablement aussi, du même coup, un peu moins drôle), Philippe Bond ne perd pas pour autant son titre de conteur d'exception. Les coups pendables qu'il tend à ses grands-parents de 96 ans et ceux, invraisemblables, que son père orchestre triomphalement pour amuser ses fils et petits-fils, nous font rire aux éclats. Malheureusement, la proposition est inégale et nous a laissés un peu sur notre faim.