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Spectacles

La leçon de bonheur d'Anthony Kavanagh

<span style="color: rgb(71, 85, 105);">Anthony Kavanagh</span>

Anthony Kavanagh vient d'amorcer la tournée de son nouveau one-man-show, intitulé Happy. Jeudi, c'était soir de première à Québec.

Si certains humoristes de sa génération ont changé leur approche au fil des ans - jusqu'à même se dénaturer parfois -, Anthony Kavanagh a choisi de conserver le style qui a fait sa renommée. Bien qu'il mentionne à plusieurs reprises que son spectacle est pour tout le monde (peu importe son ethnie, son orientation sexuelle, son sexe ou son âge), on retrouve peu de jeunes dans ses salles. Ce qui n'est pas un problème; l'offre en humour au Québec est suffisamment variée pour que tous les publics y trouvent leur compte.

Si certains clament que l'humour est beaucoup plus frileux aujourd'hui qu'à une certaine époque, qu'il y a beaucoup de sujets qui sont devenus tabous, Anthony, lui, n'hésite pas à s'attaquer à toutes les strates de la société. « Oui, c'est raciste, mais moi j'ai le droit », déclarera-t-il, entre autres. D'emblée, il recommande d'ailleurs aux spectateurs de ne pas perdre de vue le « deuxième degré ». Il fait bon usage de ce second niveau puisqu’il y a bien des fois où, en temps normal, on aurait sourcillé face à certaines déclarations ou imitations - disons - audacieuses, mais il nous amène à en rire.

Son spectacle est construit un peu à la manière d'une conférence d'un gourou de la croissance personnelle. Après nous avoir fait un résumé expéditif de sa vie et de sa carrière, il se lance dans son séminaire sur le bonheur. Après nous avoir fait répéter les mots « Pour être heureux », il nous expose différentes doctrines pour accéder au bien-être du corps et de l'esprit, comme « apprendre à être bien avec soi-même », « rire (surtout de soi) » et « ne pas avoir de regrets ».

À travers ces différents segments, il exposera ses talents en tant que chanteur et bruiteur. Il saura aussi prouver à quelques reprises ses aptitudes d'improvisateur en s'adressant à son public de façon cavalière. Si Anthony Kavanagh n'évite pas certains clichés, nommément en ce qui concerne la relation entre les hommes et les femmes (« si tu veux que ton couple dure, il ne faut jamais se chicaner avec une femme »), il propose certains délires efficaces, par exemple lorsqu'il aborde son surclassement en première classe lors d'un vol de nuit vers l'Europe.

Bien qu'il ne révolutionne rien, Anthony frappe droit au coeur de son public avec ce nouveau spectacle sans tabou.

Le ridicule ne tue pas, il paie mon loyer.

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