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Critique et Galerie de photos

Guillaume Wagner : Cinglant et humain

Guillaume Wagner a fait la manchette dans les derniers jours alors que, lors de sa première médiatique à Montréal, le journaliste Richard Martineau a quitté la salle en colère, n'acceptant pas une blague de Wagner qui lui était destinée. La vanne en question est plutôt salée, mais on ne s'attendait guère à moins venant de la bouche de celui qui avait écorché bien des egos lors de son premier spectacle, principalement celui du Québécois moyen. Mais c'est exactement ce pour quoi le travail de l'humoriste est aussi réussi : pour sa manière bien à lui d'exposer nos travers et nos faiblesses.

Il nous dit d'ailleurs d'entrée de jeu : « Vous arrivez ici de bonne humeur, j'arrive ici en tabarnak , je vous mets en tabarnak, pi moi je repars de bonne humeur ». Une façon assez colorée de décrire son style décapant et percutant. Il amorce son deuxième one-man-show en nous parlant de l'imbécillité humaine, précisant que nous ne sommes pas l'espèce la plus intelligente de la chaîne alimentaire : « un ours polaire n'arrêtera pas de nourrir ses petits parce qu'il a perdu son allocation aux vidéos poker ».

Wagner nous fait ensuite part de son idée d'instaurer un nouveau principe de permis d'opinions, qui permettraient un certain nombre de réflexions stupides à l'humain moyen, égratignant au passage l'éditorialiste Richard Martineau, et sa femme Sophie Durocher. Ces derniers ne sont, par contre, pas les seules victimes de l'humour cinglant de Wagner. Le boxeur Lucian Bute, Yoan, le vainqueur de troisième saison de La voix (qui nous donne d'ailleurs droit à l'une des blagues les plus savoureuses du spectacle), Christian Bégin, Nathalie Normandeau et Michael Jackson goûtent aussi à la médecine musclée de l'humoriste, originaire de Québec.

L'humoriste atteste ensuite qu'il est particulièrement difficile d'être une bonne personne. Il s'engage alors dans des réflexions dont lui seul a la recette, et ira suffisamment loin dans ses postulats pour se demander s'il a gâché son propos par une image trop forte. Évidemment, oui. Guillaume Wagner, de par ses déclarations choquantes, mais aussi par son énergie indéfectible, arrive à bousculer nos présuppositions et à nous remettre en question. Bien sûr, Wagner n'a pas la prétention d'être philosophe ou psychologue, mais sa manière très franche et brutale, de nous remettre à notre place, nous qui écoutons Les recettes pompettes et La voix avec un plaisir coupable, lisons les chroniques de Richard Martineau et nions la pédophilie de Michael Jackson, nous entraîne dans des fous rires contagieux.

Il termine son spectacle en racontant une anecdote sur ses années de secondaire. Ce passage est particulièrement bien maîtrisé et ferme la boucle, ouverte en début de soirée, de superbe façon. L'humoriste prouve à nouveau, avec ce deuxième one-man-show, sa singularité et sa raison d'être dans le monde de l'humour québécois. Sa verve sans pareil et son audace n'ont pas fini d'ébranler nos convictions. On souhaite à Guillaume Wagner une longue carrière et beaucoup d'autres opportunités de critiquer nos imperfections et notre abrutissement collectif.