Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan est le « feel good movie » par excellence : un récit à la fois drôle et bouleversant, des personnages attachants et colorés et en prime, une joyeuse trame sonore.
Ce qui fascine d’abord et avant tout, c’est qu’il s’agit d’une histoire vraie. Le destin incroyable d’un petit garçon pour qui tout semblait perdu dès la naissance, mais pour qui, grâce du plus grand amour qui soit – celui d’une mère pour son enfant – tout changera. Le film est adapté du roman autobiographique de Roland Pérez et on peut dire que la vie de cet homme est sans contredit fascinante. Et oh combien touchante.
Il faut dire que le cinéaste Ken Scott nous a habitués à des films réconfortants et chaleureux. Après tout, il est le scénariste de La grande séduction (2003). Il nous a livré entre autres Starbuck (2011) et plus récemment Au revoir le bonheur (2021).
Pour Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan Ken Scott a travaillé en étroite collaboration avec Roland Pérez pour s’assurer de l’authenticité du récit, et ça fonctionne.
Paris, 1963. Un couple de juifs marocains attend son sixième enfant. Dès les premières minutes du film, on devine que la mère de famille, Esther Perez, a du caractère: après quelques contractions, elle gère l’appartement et les autres enfants pour partir accoucher en métro pendant que son mari reste au boulot. Elle met au monde Roland, un petit garçon né avec un pied-bot. Les médecins sont plutôt pessimistes: Roland sera handicapé et doit être appareillé pour se tenir debout et « marcher ».
Mais Esther (qui, on le rappelle, a du caractère!), ne souhaite pas cette vie pour son petit dernier. Contre l’avis de tous, elle promet à son fils qu’il marchera comme les autres et surtout, qu’il aura une vie fabuleuse. Dès lors, Esther n’aura de cesse de tout mettre en œuvre pour tenir cette promesse.
Leïla Bekhti, qu’on a pu voir dans Maria Montessori : la nouvelle femme (2024) et Je verrai toujours vos visages (2023), est extraordinaire dans le rôle d’Esther. À travers des décennies d’épreuves et de miracles de la vie, elle incarne avec justesse l’amour inconditionnel, mais parfois étouffant d’une mère, révélant toute la complexité de la relation mère-fils.
Si le film enchante par son humanité, certains pourraient questionner la manière dont il traite le handicap, entre combat maternel et idéalisation du dépassement de soi. Mais c’est justement cette dualité qui rend l’histoire si poignante.
Et Sylvie Vartan dans tout ça? C’est la chanteuse qui fascine le petit Roland, qui lui donne espoir, qui l’accompagne tout au long de sa jeunesse pas comme les autres. Il trouve du réconfort dans sa musique et est complètement fasciné. Vous vous souvenez du personnage de Zach dans C.R.A.Z.Y. (2005)? La musique faisait partie de son adolescence… Ou encore Lucien dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001) et de son obsession pour Lady Di? C’est un heureux mélange ici. Et c’est la présence de Sylvie Vartan, jouant son propre rôle, qui ajoute une touche particulière au film.
Avec Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan, Ken Scott offre un nouveau chapitre à son cinéma empreint de sensibilité, prouvant encore une fois que les histoires de résilience et d’amour maternel ont une portée universelle.