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Humour

Un plaisir contagieux pour Liliane Blanco-Binette et Coco Belliveau à Juste pour Rire

Juste pour rire

Pour le deuxième gala de l'édition 2026 de Juste pour Rire Québec, ce sont les amies Liliane Blanco-Binette et Coco Belliveau qui avaient comme mission de dérider le Palais Montcalm. D'entrée de jeu, elles ont expliqué ne pas être les autrices de la description de leur gala et l'ont lu aux spectateurs, relevant ainsi son aspect pompeux. Elles ont ensuite laissé entendre qu'elles avaient beaucoup de talents surprenants, à savoir, notamment, la gymnastique et la jonglerie. Les deux humoristes se sont retirées en coulisses pour ensuite laisser entrer en scène des artistes de cirque sosies. Leur complicité indéniable a lancé de brillante façon cette soirée festive.

Comme dans chaque gala, celui de Liliane et Coco étaient divisés en deux parties. La première moitié - avant l'entracte - était beaucoup plus forte que la deuxième, quoique bien peu de numéros (pour ne pas dire un seul) ont eu droit à des ovations debout jeudi soir. Le public était plutôt timide. C'est l'excellente Josiane Aubuchon qui a bénéficié de cet honneur avec un numéro extrêmement bien construit dans lequel elle expliquait la signification des paroles de la chanson « La Tribu de Dana ».

Dans ce premier segment efficace, l'énergique Érika Suarez s'est remémorée un accident de la route qui l'avait menée à s'interroger sur des sujets existentiels, la charmante Anne-Sarah Charbonneau a parlé de la sexualité de ses parents, puis Guillaume Wagner a effectué un retour sur scène après près de deux ans loin des projecteurs. Ce dernier s'indignait de constater que personne ne s'était rendu compte qu'il était parti. Néanmoins, on ne pouvait être plus heureux de retrouver son ton cinglant et engagé. Qui, à part Guillaume Wagner, peut comparer les air fryer au fascisme? Qui?

Les deux animatrices nous ont aussi offert un exorcisme alors que Katherine Levac, vêtue de blanc, est débarquée sur scène pour chasser l'esprit de l'homme toxique du milieu de l'humour des années 90 qui avait envahi le corps de Liliane. Un numéro décalé franchement réussi.

Au retour de l'entracte, Liliane et Coco ont proposé un sketch dans lequel elles s'efforçaient de plaire à « tout le monde ». Évidemment, résultat : personne n'est vraiment satisfait, pas même le Monsieur et Madame Tout-le-monde qu'elles dépeignaient. La pétillante Véronique Isabel Fillion a lancé la deuxième partie en parlant du voleur de concombre qui a sévi dans la cour intérieure de son appartement montréalais, le coloré Charlie Morin, originaire du Saguenay, a parlé de sa vie sentimentale, puis PB Rivard, désinvolte, a discouru de ses anxiétés et de son pessimisme. La lumineuse Pascale Marineau y est allée d'un numéro sur les mensonges dans les comédies romantiques alors que l'habile Simon Boisvert a exprimé le pouvoir de la guitare en grattant quelques accords.

Le gala s'est conclu par une grande demande en duo par Liliane, genou par terre, à Coco. L'humoriste a d'abord refusé l'offre de son amie, avant que celle-ci reformule sa proposition et que, conjointement, elles acceptent de repartager la scène à quelques occasions sans s'afficher officiellement dans une relation professionnelle exclusive.

Les deux amies ont prouvé qu'elles avaient, ensemble, une force de frappe redoutable. Comme la description officielle de leur gala (qu'elles n'ont pas écrit) disait : elles forment « un duo qui ne cherche pas à se conformer, mais à prendre toute la place : intelligemment, librement, brillamment ».

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