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Humour

Trop longtemps seul de Patrick Groulx : Aussi espiègle qu'avant

Trop longtemps seul de Patrick Groulx

Patrick Groulx présentait ce mardi soir à la Salle Albert-Rousseau à Québec la première médiatique de son nouveau one-man-show en carrière, Trop longtemps seul.

Assurant sa propre première partie, il débarque sur scène armé de sa guitare, en proposant des balades humoristiques. « J'aurais bien ramené Les Bas Blancs, mais c'était pas payant, donc je vais vous faire quelques blagues en chantant », nous lançait-il en guise d'explication. Ce prélude musical s'avère une entrée en matière efficace, cohérente avec le ton du reste du spectacle.

Il passe ensuite en mode stand-up où il explore d'abord la thématique du tata, confessant qu'il aime beaucoup les blagues immatures. L'essentiel de son spectacle se déroulera dans cette forme plus traditionnelle - micro, tabouret et bouteille d'eau -, mais, contrairement à plusieurs humoristes des années 90 et du début des années 2000 qui ont remisé les costumes pour de bon, Patrick ramène deux de ses célèbres personnages.

Le grivois curé Poirier sera le premier à entrer en scène. Dans une homélie sur les changements dans la société moderne, il mettra les pires obscénités dans la bouche de son homme de Dieu, pour notre plus grand bonheur.

Tu seras toujours satisfaite parce que même si je suis loin, je serai toujours en toi.

À la toute fin du spectacle, c'est le brigadier amoureux des patates qui s'installera sous les projecteurs. Encore là, c'est avec plaisir qu'on retrouve l'énergumène. Bien que les personnages ne sont pas un type d'humour avec lequel on connecte beaucoup, force est d'admettre qu'à petite dose, ils sont d'une redoutable efficacité.

Patrick Groulx trouve sa force dans l'absurdité et l'humour un peu décalé. Oui, son stand-up est opérant, contrôlé, mais ce n'est pas là qu'il brille le plus. Il nous raconte quelques anecdotes de sa vie passée de célibataire et fait quelques observations sur sa vie actuelle d'homme vivant seul dans sa maison. Bien que ses sujets soient plutôt convenus, son approche est tellement sympathique - avec ses éclats de rire inopinés comme s'il entendait sa propre blague pour la première fois - qu'on ne peut qu'être investis dans ses histoires de blind dates gênantes.

J'aime bien les filles cochonnes, mais elle c'était plus comme une truie qui cherchaient des truffes.

La thématique un peu plus sérieuse qu'il aborde en spectacle c'est les injections, le botox, les fillers et tous ces produits que les gens utilisent aujourd'hui nonchalamment pour ralentir le temps. Il ne cache pas son aberration face à ces soins médico-esthétiques invasifs, laissant entendre qu'ils sont comme les draps contours : « si tu mets un drap simple sur un lit queen, ça se peut que les coins r'troussent. »

Ce cinquième one-man-show de Patrick Groulx fait du bien, pour le retour de personnages de qui on ne pensait pas s'être autant ennuyé que pour cette complicité épatante que l'humoriste établit en début de soirée et entretient tout du long avec son public conquis. Impossible de ne pas aimer ce joyeux tata qui prend un malin plaisir à lancer ces blagues coquines au visage de ses fidèles.

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