Originaire de Québec, l'humoriste P-O Forget présentait en grande première médiatique son nouveau one-man-show Prises de tête à la Salle Albert-Rousseau ce mercredi soir.
Sorti de l'École de l'humour en 2019, on peut dire que P-O Forget a définitivement trouvé le style qui lui colle à la peau. Il pratique une forme d'humour social, traitant de sujets importants, comme le gaspillage gouvernemental ou la décrépitude du système de santé, tout en restant très accessible. Sa force se trouve notamment dans ses métaphores colorées et ses comparaisons hilarantes. Il qualifiera notamment les fenêtres des écoles à l'abandon de glory hole et critiquera les applications de rencontres qui se basent uniquement sur les champs d'intérêt pour matcher les gens en disant que si nous aimons à la fois les chiens et l'art visuel, nous aurions été un bon parti pour Hitler.
Sexualité, religion, diversité, dépendance, classe sociale, il n'y a pas de thématiques trop taboues pour P-O, qui trouve toujours le bon angle pour appuyer son discours engagé. Son spectacle est peut-être titré Prises de tête, mais il n'y a rien de lourd dans celui-ci, si ce n'est que la profondeur de certaines de ses réflexions. La jovialité de l'humoriste, son caractère roger-bontemps, contrebalance efficacement son propos. On ressort de la salle avec un grand sourire aux lèvres, le coeur léger, même si nous sommes loin d'une pièce de théâtre d'été, où l'amant se cache dans le garde-robe à l'arrivée du mari cocu.
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La scénographie minimaliste laisse toute la place à ses textes, brillamment écrits. Il est évident que P-O Forget aime la langue française et il la manipule avec beaucoup de doigté et d'élégance. Avec un monologue aussi touffu, on s'étonne qu’il ne boive qu'un seul petit verre d'eau pendant toute la représentation d'une heure quinze minutes. Son seul élément de décor est un mur noir au fond de la scène rempli de trous qui laissent passer la lumière. C'est une réplique de Leonard Cohen qui a inspiré cette fioriture si significative : « There is a crack, a crack in everything. That’s how the light gets in ».
Comme plus de 300 000 personnes, nous étions de ceux qui avaient dévoré la captation du spectacle P-O Forget Live au Club Soda, offerte gratuitement sur YouTube. Par contre, ce nouveau one-man-show nous a charmés davantage. Savoir si brillamment jumeler l’intelligent au niaiseux est un art, et l'humoriste le maîtrise à la perfection. En ce mercredi soir de septembre, il a gagné sa place sur la courte liste de nos humoristes préférés. On lui promet - surtout, lui souhaite - une longue et brillante carrière sur scène!


