Critique

Maxim Martin : Incisif et percutant

Sa délinquance verbale, son assurance inébranlable, son charisme communicatif et sa pleine honnêteté font du personnage un humoriste à part. L'ancien toxicomane n'hésite pas à dévoiler certains passages moins glorieux de son tumultueux passé pour amuser son public, et l'amener - ultimement et discrètement - à réfléchir sur sa propre condition. Spectacle très personnel, Enfin! dévoile le « nouveau » Maxim Martin, un homme sobre et heureux qui porte un regard bien différent sur le monde que celui qu'il avait jadis, intoxiqué par l'excès.

Jalonné d'images fortes et révélatrices, de métaphores à la fois brillantes et déconcertantes, le dyslexique du bonheur nous permet d'entrer dans son univers et de découvrir la transformation qu'il a dû opérer dans sa vie pour atteindre - Enfin! - la sérénité. Il n'hésite pas à citer Rimbaud... puis Marie-Eve Janvier et Jean-François Breau (parce que cette imprévisibilité et cette dichotomie forment l'humoriste débridé). Il y a d'ailleurs certains de ces apartés - joliment irrévérencieux - qui méritent, à eux seuls, le déplacement.

Son nouveau one-man-show provoque des rires sincères. Il n'y a pas (ou peu) de demi-sourires dans le monde de Maxim Martim, son enthousiasme et sa folie sont contagieux et convainquent bientôt le public de rire à gorge déployée en se tapant sur les cuisses. L'aspect « histoire vraie » encourage certainement cette hilarité. Grâce à la manière colorée dont l'humoriste décrit les situations souvent inconfortables qu'il a vécues a une époque qui l'était tout autant, le spectateur se forme rapidement des images qui l'encouragent à se tordre davantage.

Peut-être y a-t-il ces interstices musicaux qui sont légèrement trop longs (surtout au tout début). On fait monter la tension, on encourage l'expectative de voir apparaître l'humoriste, mais on attend légèrement trop longtemps et l'attente devient impatience. Mais, entendons-nous, lorsque la seule chose négative que l'on peut répertorier d'un spectacle est la longueur des interstices musicaux, on peut affirmer la réussite de ce dernier.

Longue vie à ce nouveau Maxim Martin, sobre, mais drôle plus que jamais.

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