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Humour

Et jusqu'à la fin la beauté de Louis-José Houde : Un chef-d'oeuvre. Tout simplement

Sur la photo : Louis-José Houde

Louis-José Houde est le plus grand auteur d'humour depuis Yvon Deschamps. Personne ne remet en question cette affirmation. L'intelligence, la précision et la richesse de ses textes en ont fait de lui un géant de cette industrie dominante au Québec. À mes yeux, Suivre la parade est le meilleur one-man-show des trente dernières années. Je devrais dire « était » puisque Louis-José Houde s'est lui-même délogé avec son plus récent chef-d'oeuvre (il n'y a pas de termes plus justes pour décrire ce petit bijou), Et jusqu'à la fin la beauté.

Si dans Suivre la parade, il parlait avec finesse et véracité de l'avortement de sa conjointe, il aborde cette fois (20 ans plus tard) la maladie dégénérative de sa mère avec tout autant d'esprit et de bienveillance. L'humoriste de 49 ans, jeune papa de deux petits garçons, réussit à nous faire éclater de rire alors que de lourdes larmes de chagrin roulent encore sur nos joues. Cette façon chirurgicale qu'il a de décomposer un sujet difficile jusqu'à nous le rendre doux s'avère une compétence rare, qu'on ne retrouve chez aucun autre humoriste.

Tout ce nouveau spectacle est un récit des dernières années de la vie de sa maman, à qui on a diagnostiqué l'Alzheimer en 2019, juste avant la pandémie. Évidemment, il n'y a aucun moment approprié pour l'apparition de la maladie, mais perdre la mémoire en temps de confinement et de distanciation sociale, c'est on ne peut plus tragique. Louis-José raconte les six déménagements de sa maman, de son appartement à Québec jusque dans une ressource spécialisée privée pour les personnes âgées vivant avec des troubles cognitifs. Il saupoudre avec brio ses souvenirs plus sombres d'une touche d'humour sucré. Son anecdote de l'installation des nouveaux électroménagers de sa mère dans son logement de la Vieille-Capitale vaut le détour. Cette histoire est peut-être plus légère que plusieurs autres, mais elle est une formidable introduction pour la suite, plus dense.

Son décor est essentiellement composé d'un écran sur lequel figure une toile de l'artiste peintre Julie Charland. La splendide oeuvre évolutive contribue aux nombreuses couches de beauté que renferme ce spectacle émouvant. D'ailleurs, en guise de première partie, une pianiste accueille le public dans la salle, établissant d'emblée une ambiance chaleureuse.

Avec ce sixième one-man-show, Louis-José Houde prouve qu'il est possible de rire de tout, qu’il suffit d'avoir le talent et la décence nécessaires pour le raconter.

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