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Glenn Powell dans une comédie noire peu mémorable

2.5
Notre critique

Seriez-vous prêt à tuer les membres de votre famille pour mettre la main sur une fortune de plusieurs milliards de dollars? C’est ce que tente de faire le protagoniste de cette comédie noire laborieuse et épisodique.

Remarqué par les cinéphiles dès 2016 dans l’excellent Everybody Wants Some!! de Richard Linklater, Glen Powell a été découvert par le grand public ces dernières années dans le film d’action Top Gun: Maverick, au côté de son mentor Tom Cruise, et dans la comédie romantique N'importe qui sauf toi, où il partageait la vedette avec Sydney Sweeney. Vu il y a quelques mois dans le décevant remake du Jeu du défi, l’acteur américain est déjà de retour sur nos écrans dans Comment faire un malheur, démontrant une fois de plus pourquoi il est une star : même dans une production plus ou moins satisfaisante, il parvient toujours à tirer son épingle du jeu.

Quatre heures avant son exécution, le condamné à mort Becket Redfellow (Powell) livre sa dernière confession à un prêtre. Faisant partie des héritiers potentiels des milliards de dollars de son grand-père (Ed Harris, Une histoire de violence), il a pourtant grandi dans la relative pauvreté, car sa mère (Nell Williams) a été chassée par les siens lorsqu’elle est tombée enceinte à 18 ans. Maintenant adulte, Becket entreprend de mettre la main sur la fortune Redfellow en tuant les sept membres de sa famille qui le précèdent sur le testament du patriarche. La fin justifie-t-elle les moyens?

Le scénariste et réalisateur John Patton Ford (Emily the Criminal) s’est librement inspiré du roman Israel Rank: The Autobiography of a Criminal de Roy Horniman, qui avait déjà été adapté au cinéma par Robert Hamer en 1949 dans Kind Hearts and Coronets. L’histoire se déroulait toutefois en Angleterre à l’époque édouardienne dans ces deux cas, alors que Comment faire un malheur transpose l’action au 21e siècle dans la ville de New York, où vit la riche famille Redfellow, et dans l’état du New Jersey, où Becket a passé la majeure partie de son existence, loin du luxe et des privilèges.

Abordant la lutte des classes sur fond de meurtre, le film de Ford n’est pas sans rappeler le réjouissant À couteaux tirés de Rian Johnson, sauf que ce n’est pas un whodunit, car on sait exactement qui est le meurtrier dès les premiers instants. Le suspense est donc quasi inexistant et le récit s’avère laborieux et épisodique, alors qu’on rencontre l’une après l’autre les futures victimes de Becket. Les membres du clan Redwood sont pratiquement tous des caricatures unidimensionnelles, incluant un playboy insouciant (Raff Law), un artiste prétentieux (Zach Woods) et un prédicateur hypocrite (Topher Grace). Le personnage de soutien le plus intéressant est la mystérieuse femme fatale jouée par Margaret Qualley (La substance), dont les apparitions sont toutefois sporadiques.  

N’ayant rien de neuf à dire à propos de l’ambition, l’appât du gain et l’absence de morale, Comment faire un malheur aurait quand même pu être une comédie noire divertissante. Hélas, ce n’est jamais vraiment drôle, incisif ou mémorable. Reste l’antihéros incarné par Glenn Powell, dont le charisme est indéniable, bien qu’on l’ait déjà vu être davantage mis en valeur, notamment dans le récent Hit Man de Linklater, dont il avait également coécrit le scénario.