Depuis ce mercredi, le public québécois peut découvrir la nouvelle offrande de Louis Morissette, la comédie François.e dans laquelle il endosse un rôle pour le moins audacieux, celui d'un homme qui décide de se faire passer pour une femme trans afin que sa série télé soit financée.
À ses côtés, on retrouve la comédienne Pascale Drevillon, qui brille de mille feux en incarnant l'autrice trans qui viendra lui prêter main-forte pour son projet, sans comprendre dans quelle histoire elle s'embarque. Le résultat, que nous avons pu voir en avant-première, s'avère aussi réussi que touchant, tout en faisant office d'excellent divertissement estival. Lisez nos impressions ici.
Aller voir ce long métrage peut certainement s'accompagner de certaines appréhensions et a priori, que l'équipe du film a d'ailleurs vécus elle-même. Rencontré la veille du lancement, le producteur et comédien Louis Morissette abordait en entrevue avec Showbizz.net les étapes prises par la production pour s'assurer de ne pas faire de faux pas en abordant le sujet délicat de la transidentité.
« Disons que quand tu sais d'emblée que c'est délicat, tu redoubles d'ardeur, puis de le faire lire à du monde, puis de le relire. Tu n'es pas à l'abri de l'échapper. C'est pour ça que quand on l'a présenté pour la première fois à des gens de la communauté, j'étais très, très, très nerveux », nous explique-t-il d'emblée.
Il y a des gens qui vont adorer, il y en a qui n'aimeront pas du tout, puis c'est bien correct. Ce n'est pas ma première fois.
Louis Morissette a lui-même vécu certaines inquiétudes quant à son rôle dans le projet, qu'il ne voulait pas caricatural. « En fait, le bout qui est tricky, le bout qui me faisait le plus peur, c'est quand il passe de François à François.e, les étapes de sa fausse transition, au départ, c'est deux gars qui vont de leur conception de la féminité, "ça devrait ressembler à ça". Donc, c'est immanquablement mal habile. Puis c'est ça qui fait que c'est drôle. C'est que c'est pas habile. »
Cette prémisse donne d'ailleurs lieu à une scène jouissive dans laquelle toute l'équipe fait un clin d'oeil à une scène culte du film Pretty Woman, celle du magasinage sur Rodeo Drive, avec le personnage de Louis Morissette et son meilleur ami, joué par le toujours formidable Robin Aubert, qui pastichent Julie Roberts et Richard Gere. Du bonbon! « Ça nous permettait d'aller un peu souligner le côté cliché et comédie. Il s'en va d'abord avec un look pas possible pour finalement arriver au résultat final. »
À propos de sa covedette Pascale Drevillon, Louis indique : « On est tellement deux personnes différentes, mais qui se respectent dans comment on est, comment on aborde le travail et tout. C'est une belle rencontre. »
J'espère que pour elle, il y aura un après positif. Elle le mérite.
Pascale, pour sa part, parle de sa collaboration avec Louis Morissette en ces termes : « J'ai découvert l'homme derrière l'image. Puis, Louis est beaucoup plus vulnérable et fragile qu'on pense. C'est aussi un papa, vraiment jusque dans sa moelle osseuse. Il veut que tous les gens autour de lui travaillent bien. Il veut que tout le monde ait du fun. Il veut que les choses se passent bien pour tout le monde. »
Leur complicité porte fruit à l'écran et donne lieu à des scènes émouvantes et d'une grande beauté.
Quels sont les espoirs de l'équipe pour le long métrage, maintenant qu'il est lancé? L'autrice Gabrielle Boulianne-Tremblay nous dit : « Il y a peut-être des gens qui étaient transphobes avant de rentrer dans le cinéma et qui vont peut-être sortir avec un peu plus d'empathie. Pour moi, ça serait mission réussie. »
Pascale Drevillon ajoute : « J'espère que les gens vont aller le voir, vraiment, parce que ça peut susciter des discussions dans les foyers, puis même dans l'intimité. Je pense que les gens parlent déjà de transidentité, mais en parlent de façon peut-être cruelle ou peut-être pas avec empathie. La teneur de ces discours-là va évoluer, vraiment. Je pense qu'on va passer de papotage, rumeurs, à une saine fascination, puis à un sentiment de vivre ensemble. »
Le réalisateur Jean-François Asselin nous confie l'un de ses souhaits : « J'espère aussi qu'on va prêter plus de sensibilité aux hommes. »
Il s'explique : « Il y a des critiques qui sortent et qui disent que, oui, Gabrielle [Boulianne-Tremblay, la scénariste, NDLR] a amené plein d'intelligence émotive, mais les gars sur le projet aussi. On ne fait pas juste des jokes de pénis, tu sais. Moi, j'ai envie que mes fils, ils peuvent être ce qu'ils veulent, mais... Tu peux être sensible. Moi, quand j'étais jeune, le modèle d'homme ne correspondait pas du tout à ce que j'étais. »
Nous vous invitons donc à mettre vos craintes de côté et aller voir le film François.e, qui va non seulement vous faire rire et vous divertir, mais aussi vous encourager à considérer autrui avec un peu plus de douceur et d'empathie.
Le film François.e est présenté dans toutes les régions du Québec.





