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Chris Pratt et Rebecca Ferguson au cœur d’un thriller technologique qui s'essouffle

2.0
Notre critique

Ce film de science-fiction de Timur Bekmambetov possède un bon concept, mais il souffre d’une intrigue sans queue ni tête, de scènes d’action manquant de clarté et d’un acteur principal, Chris Pratt, qui peine à nous intéresser à un personnage antipathique.

En 2029, dans un Los Angeles où l’itinérance et le crime sont devenus hors de contrôle, on utilise désormais une intelligence artificielle qui agit comme juge, jury et bourreau pour certains homicides où la culpabilité du suspect semble très probable. Détective du LAPD, Chris Raven (Chris Pratt, Les Gardiens de la galaxie) croit fortement en cette IA qui permet de régler des affaires sordides sans délai. Il est loin de se douter qu’il se retrouvera éventuellement lui-même au cœur d’un tel procès express. Accusé du meurtre de son épouse (Annabelle Wallis, Malfaisant), il n’a que 90 minutes pour prouver son innocence en utilisant les fonctions de l’IA, représentée visuellement sous la forme d’une juge (Rebecca Ferguson, Dune), sinon il sera immédiatement exécuté au terme du décompte.

Impossible de ne pas penser au brillant Rapport minoritaire de Steven Spielberg, un film de science-fiction de 2002 où l’opérateur d’un système permettant de prédire les homicides avant même qu’ils ne soient commis devenait lui-même accusé d’un « précrime » et devait sauver sa peau. Or, Rapport minoritaire était beaucoup mieux écrit et réalisé, en plus de mettre en vedette Tom Cruise, un acteur moins limité que Chris Pratt. Ce dernier sait être drôle et charismatique, mais il peine à bien rendre le rôle dramatique qu’il défend dans Reconnu coupable. Il faut dire que son personnage en est un pour qui, d’emblée, il est dur d’avoir de l’empathie : un mari alcoolique, jaloux et violent. Il existe des acteurs en mesure d’offrir des interprétations complexes et nuancées d’individus aux nombreuses failles, mais Pratt n’en fait pas partie.

Le film est pourtant assez captivant au départ. Les preuves incriminant le détective Raven sont accablantes, mais il parvient malgré tout à semer le doute dans notre esprit : et si quelqu’un d’autre que lui était responsable de la mort de sa femme? Or, l’intrigue devient de plus en plus abracadabrante au fil des revirements et des révélations du scénario bancal de Marco van Belle. Il faut souvent accepter que certains détails ne soient pas plausibles dans un thriller (le maître du suspense Alfred Hitchcock insistait sur ce point), mais Reconnu coupable dépasse les limites et devient carrément ridicule en fin de parcours.

L’autre élément qui plombe ce long-métrage est son style visuel. Depuis 2015, le réalisateur et producteur russe Timur Bekmambetov développe ce qu’il appelle le « Screenlife », un type de mise en scène où toute l’action a lieu sur un écran d’ordinateur. Pensez à des films comme Unfriended, Searching, Profile, etc. Sans s’inscrire complètement dans ce sous-genre, Reconnu coupable se déroule quand même en grande majorité sur une interface d’intelligence artificielle où sont projetés des images et des résultats de recherche qui aident le protagoniste dans son enquête. C’est conceptuellement intéressant, mais inapproprié pour un film qui inclut des scènes d’action à grand déploiement. Ces dernières deviennent rapidement confuses et dures à suivre, car elles doivent justifier l’existence des images en utilisant des caméras de surveillance, des téléphones cellulaires ou des drones. Une approche plus classique aurait été préférable.