Cortéo du Cirque du Soleil : Nostalgie baroque

,

Le spectacle est présenté pendant quatre jours, pour six représentations, au Centre Vidéotron de Québec.

Il y a déjà 13 ans déjà que la première mondiale de Cortéo a eu lieu, sous un chapiteau de Montréal. Depuis, c’est plus de 8 millions de spectateurs à travers le monde qui se sont éblouis devant les prouesses des 51 artistes qui travaillent à cette imposante féérie baroque, dont l’histoire oscille entre ciel et terre, entre rêve et réalité. La réputation de cette production n’était donc plus à faire.

Pour la visite de cette troupe à Québec, au Centre Vidéotron, on avait installé une immense scène circulaire au centre de l’arène, puis disposé les spectateurs de part et d’autre, un peu à la façon d’un miroir. Les artistes de cirque, chanteurs et comédiens devaient donc jouer des deux côtés, pour ne laisser personne en plan.

Cortéo met en scène un clown nostalgique et attachant qui, après ses funérailles, se remémore les meilleurs moments de sa vie, entouré d’anges bienveillants. Pourtant, en regardant le spectacle, la trame narrative ne nous apparaît pas si claire. Si Cortéo représente l’essence même du cirque tel qu’il a été inventé – avec ses nains, géants, acrobaties, jongleries et autres bouffonneries – l’histoire s’avère légèrement confuse, voire fourre-tout, et certains numéros sortent complètement du cadre établi. C’est notamment le cas d’une saynète sur le golf et d’un moment théâtral vaudevillesque sur Roméo et Juliette qui s’est étiré inutilement.

Par contre, d’autres segments chavirent avec leur grande beauté, qu’on pense à cette danse d’un petit couple sous une pluie de poussière d’ange, ou ce duo suspendu qui a terminé son tour de piste dans une nuée dorée. Les numéros acrobatiques sont certes intéressants dans Cortéo, particulièrement celui dans les cerceaux géants, mais ils ne redéfinissent pas le genre. Si l’originalité est au rendez-vous, c’est plus dans les tableaux dépeints que dans l’exécution elle-même. La musique est pour sa part éblouissante et le talent des interprètes absolu. Leur présence ajoute à la somptuosité de l’ensemble.

Sans être parfait ou complètement épatant, Cortéo offre un bon moment, la tête dans les nuages et le coeur à la fête. On rit, on s’étonne et on en ressort heureux. C’est déjà pas mal…

Après ses prouesses au Centre Vidéotron, la troupe de Cortéo se déplacera du côté du Centre Bell du 19 au 30 décembre prochain.

Stéphanie Nolin Littéraire de formation, passionnée du septième art, téléphile, mélomane curieuse, blogueuse culinaire en dilettante, férue de mots et de culture. Après une incursion prolongée dans le monde des communications universitaires, elle peut maintenant dire qu'elle concilie travail et passion en écrivant pour Cinoche.com et Showbizz.net... et elle ne s'en plaint pas du tout.

Aimez-nous sur Facebook

Showbizz.net