Nous avons besoin de plus de projets télévisuels comme Fugueuse au Québec

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La première saison de Fugueuse s’est achevée ce lundi après avoir bouleversé les téléspectateurs québécois.

Après avoir visionné la première saison de Fugueuse, dont la conclusion s’est avérée bouleversante, deux choses frappent.

> Lisez notre critique de la série ici.

La première c’est à quel point cette série est remarquable. Outre quelques confusions au niveau de la chronologie (qui ont rapidement été pardonnées), ce projet télévisuel écrit de main de maître par Michelle Allen et réalisé avec sensibilité par Éric Tessier a réussi à maintenir un niveau de qualité épatant, tout en captivant les téléspectateurs avec une trame narrative pertinente et réaliste. Pas étonnant qu’elle ait rallié près de 1,5 million de curieux chaque semaine.

Nous étions tout un chacun avides d’en apprendre plus sur le sort de Fanny, cette jeune femme magnifique entraînée par amour dans la prostitution alors que rien de l’y prédestinait. Cette excellence, elle est assurément le résultat des efforts de toute une équipe, devant comme derrière la caméra. On aurait rapidement pu tomber dans la caricature ou dans le mélodrame ici, mais rien de tel n’est arrivé. Chapeau!

La seconde chose qui frappe, c’est à quel point le Québec a besoin de plus de projets télévisés comme celui-là. Non seulement nous avons été divertis, passionnés, empoignés, mais nous avons aussi été choqués, bousculés dans nos valeurs, sensibilisés et, surtout, nous en avons discuté. Entre nous, en famille, avec nos proches, au bureau; Fugueuse était sur toutes les lèvres. La série a engendré une discussion de société sur l’importance de protéger nos adolescent(e)s, de les sensibiliser aux dangers qui les entourent dans une période où ils sont plus vulnérables et naïfs alors qu’ils cherchent à s’émanciper. Si avec cette série, on a réussi à éviter une fugue, une chute dans l’enfer de la prostitution, c’est déjà une victoire. L’équipe derrière Fugueuse a su marier divertissement et actualité brûlante comme peu avant elle.

Plus encore, il nous faut plus de propositions de la sorte, parce qu’elle a permis à de nouveaux visages de s’illustrer. Le milieu artistique québécois, bien que foisonnant, est assez petit. Il arrive donc régulièrement qu’on voie les mêmes visages dans plusieurs émissions présentées en même temps à la télévision. Avec Fugueuse, nous avons eu l’impression d’enfin voir de nouveaux visages. D’abord avec Ludivine Reding, qui est quand même dans le métier depuis un très jeune âge, mais qui en était à son premier rôle principal dans une série. La jeune femme a épaté de A à Z et se retrouvera assurément en nomination dans les différents galas télés dans les prochains mois. Puis, il y a Jean-François Ruel, cet artiste issu du monde de la musique, à qui on a donné une première chance au petit écran. Personne n’a dû regretter cette décision, alors que le jeune homme a été saisissant de vérité dans la peau du calculateur Damien. Kimberly Laferrière (Natacha), la jeune Mayssa Resendes (Anabel), Laurence Latreille (Ariane) et Madani Tall (Fred) se sont aussi démarqués en ce sens.

Rares sont les séries qui donnent autant de place à des joueurs de la relève, surtout pour les premiers rôles. Il faut féliciter cette audace qui aura été, au final, très payante. À quand un autre projet aussi vivifiant et mobilisateur?

Rappelons qu’une deuxième saison de la série a reçu le feu vert de TVA cette semaine.

Stéphanie Nolin Littéraire de formation, passionnée du septième art, téléphile, mélomane curieuse, blogueuse culinaire en dilettante, férue de mots et de culture. Après une incursion prolongée dans le monde des communications universitaires, elle peut maintenant dire qu'elle concilie travail et passion en écrivant pour Cinoche.com et Showbizz.net... et elle ne s'en plaint pas du tout.

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