Unité 9 et ses portraits de femmes bouleversants

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Unité 9 maintient des cotes d’écoute impressionnantes depuis ses débuts à Radio-Canada.

La série Unité 9 en est à sa sixième année à l’antenne d’ICI Radio-Canada. Au gré des saisons, les intrigues se sont multipliées, à l’intérieur comme à l’extérieur des murs de Lietteville, attirant l’assentiment du public ou non. Les personnages, souvent féminins, se sont métamorphosés, ont évolué. Plusieurs ont quitté, d’autres ont pris la place. Les téléspectateurs (dont nous sommes) sont demeurés captifs, permettant à ce projet de s’illustrer comme l’une des séries les plus populaires de notre petit écran québécois.

Vous avez été nombreux au fil des histoires à regretter le départ ou le décès de personnages. Des revirements de situation vous ont choqués, d’autres vous ont émus ou fait sourire. Vous avez décrié la tournure trop dramatique de certains événements et applaudi des transformations bienvenues. Et vous êtes toujours là, à l’écoute chaque mardi. Qu’est-ce qui explique donc ce succès d’Unité 9? Probablement ces portraits de femmes bouleversants, livrés toutes les semaines avec talent et authenticité.

Peu de série au Québec ont autant mis de l’avant les femmes, de tous âges et de diverses origines, dans ce qu’elles ont de plus complexe et beau. Exit les clichés féminins. On voit ici des dames qui doivent coexister avec la misère, la violence, le manque de confiance en elles et les échecs. Si plusieurs réussissent à se délester de leurs chaines, d’autres n’y arriveront jamais. Marie Lamontagne nous a bouleversés dans sa manière de vouloir protéger à tout prix sa famille. Jeanne Biron est plus que touchante dans sa progression. Qu’elles soient détenues ou IPL, on a aimé et voulu soutenir Suzanne, Michèle, Élise, Laurence, Brittany, Henriette, Kim, Nancy, Madeleine et d’autres. On se plaît aussi à détester Shandy. Bon gré mal gré, il fait toujours bon voir toutes ces femmes évoluer à l’écran, dans un environnement peu exploité de notre corpus télévisuel québécois. Cela, on le doit à l’auteure Danielle Trottier.

Évidemment, elle n’est pas seule à mener ce projet à terme. Toutes les actrices et acteurs qui ont foulé le plateau d’Unité 9 ont donné le meilleur d’eux-mêmes, probablement trop conscients de leur chance d’y être. Leurs performances, semaine après semaines, sont renversantes de vérité. Jamais je n’y ai été témoin d’un jeu qui sonnait faux. La caméra affutée mais bienveillante du réalisateur Jean-Philippe Duval aide aussi à magnifier le tout à chaque instant. On a ici affaire à une distribution et des artisans qui unissent leurs forces pour nous offrir de la télévision différente, qui challenge, bouscule, choque et fait réfléchir. Et on ne peut en démordre, ces histoires de femmes nous font évoluer aussi.

Questionnée sur le sujet et sur son désir de raconter les femmes au petit écran, l’auteure Danielle Trottier nous dit : « Nous avons un nombre impressionnant d’actrices talentueuses au Québec. Je n’avais aucun doute au début de la série qu’on allait trouver les bonnes interprètes pour les personnages pas toujours évident à incarner. Je pense aux différents crimes des personnages qu’elles devaient endosser, meurtre, vol, agressions physiques, prostitution, agression sexuelle sur des enfants. Avec unité 9, je sors les femmes de la sphère domestique ou de la sphère amoureuse pour les amener dans des comportements qu’on a pas eu l’occasion de voir souvent à la télé. L’idée même de la prison me permettait des enjeux dramatiques différents. Je pouvais aborder la violence, l’agressivité, le manque d’estime personnel. Les comédiennes ont endossé les personnages avec beaucoup de générosité et conviction. Elles m’ont permis d’aller loin dans certaines zones moins visitées des comportements féminins. »

Elle ajoute : « J’aime écrire pour les femmes. Ça me permet de réfléchir à nos conditions de vie, à nos rêves, à nos limites. Je constate que les choses changent, la plupart du temps, elles évoluent dans le bon sens. Ça me permet aussi de voir à quel point les téléspectateurs-trices aiment être surpris, déroutés, étonnés. À quel point aussi ils et elles sont ouverts sur la différence et sont souvent prêts-prêtes à écouter ce que le personnage a à nous apporter. »

Ces portraits de femmes déstabilisants sont le fil d’Ariane d’une histoire d’amour qui dure entre Unité 9 et les téléspectateurs. Et pour cela, on peut dire merci.

Apprenez-en plus sur les personnages qui doivent encore arriver cette saison.

Est-ce la dernière saison d’Unité 9? On a la réponse ici.

Stéphanie Nolin Littéraire de formation, passionnée du septième art, téléphile, mélomane curieuse, blogueuse culinaire en dilettante, férue de mots et de culture. Après une incursion prolongée dans le monde des communications universitaires, elle peut maintenant dire qu'elle concilie travail et passion en écrivant pour Cinoche.com et Showbizz.net... et elle ne s'en plaint pas du tout.

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