Hubert et Fanny : Pas de coup de foudre

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La comédie romantique de Mariloup Wolfe arrive sur ICI Radio-Canada Télé le 9 janvier prochain.

La comédie romantique n’est pas un genre souvent exploité au petit écran. Nous avons eu droit récemment à la délicieuse série Mon ex à moi (mettant d’ailleurs en vedette deux des acteurs principaux d’Hubert et Fanny : Mylène St-Sauveur et Mickaël Gouin), mais ce n’est pas monnaie courante de voir ce style de production prendre d’assaut les chaînes généralistes (Mon ex à moi était d’ailleurs présenté à Séries+). C’est donc avec un grand bonheur que nous accueillions la nouvelle proposition de Richard Blaimert, derrière les succès québécois Le monde de Charlotte, Les Hauts et les Bas de Sophie Paquin et Nouvelle Adresse.

Déjà, la production nous avait charmés avec tous ses noms prometteurs au générique. Avec la rayonnante Mylène St-Sauveur et la nouvelle coqueluche masculine du Québec Thomas Beaudoin dans les rôles principaux, nous étions déjà à moitié conquis. Et avec Mariloup Wolfe à la réalisation – qui avait su nous prouver ses grandes aptitudes derrière la caméra avec Ruptures – nous ne pouvions rêver de mieux!

Peut-être que nos attentes étaient trop élevées, mais il nous faut admettre que la nouvelle série sentimentale de Radio-Canada n’est pas à la hauteur de nos espérances. Hubert et Fanny respecte à la lettre tous les postulats de la comédie romantique et c’est peut-être ce trop grand attachement au genre qui lui cause ses soucis. Il y a la jeune première et le Don Juan, l’amie un peu wild et la soeur trop pragmatique, le coloc bizarre puis les parents conservateurs. Dans tout ce beau bazar, c’est le personnage de Beaudoin qu’on a le plus de mal à cerner. Éternel célibataire, entrepreneur, artiste, rebelle, chevaleresque; malgré tous ces adjectifs pour le définir, Hubert reste terne. Heureusement, il s’illumine un peu au contact de Fanny (Mylène St-Sauveur). On espère donc voir le personnage s’épanouir et se complexifier au fil des épisodes*.

Voyez la bande-annonce ici.

La série a aussi beaucoup recours à la narration en voix off pour expliquer les situations ou préciser les émotions des personnages. L’idée n’est pas mauvaise et, dans le contexte, elle apporte une énergie différente et lucrative, mais elle devient rapidement un peu lourde, vu son omniprésence. On nous avait aussi promis beaucoup de scènes de sexes et on ne nous avait pas menti, mais reste qu’elles sont assez sages (quoique très bien filmées); rien pour gêner les plus timides.

Il y a tout de même, au-delà des stéréotypes, beaucoup de positif dans Hubert et Fanny. La série arrive à jouer sur plusieurs tableaux, dont la transidentité, l’adoption, le choc post-traumatique, le handicap physique et intellectuel et, bien sûr, l’amour, la compulsion, le désir sexuel et l’adultère. Hubert et Fanny ratisse large, mais si elle exploite ses nombreuses thématiques avec mesure et intelligence elle ne pourra qu’en tirer du bon. Mentionnons aussi au passage que la réalisation sensible et intime de Mariloup Wolfe apporte une humanité essentielle à l’efficacité dramatique d’Hubert et Fanny et que Mylène St-Sauveur nous enjôle dès les premières lignes.

Ce n’est pas le coup de foudre avec Hubert et Fanny, mais peut-être en tirerons-nous une belle relation à long terme. C’est à suivre…

* Nous avons vu les trois premiers épisodes en visionnement de presse.
Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis dix ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.

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