Moi? : Yves P. Pelletier monte seul sur scène pour la première fois

,

Nous avons eu la chance de nous entretenir avec l’humoriste lors d’une tournée de promotion de son nouveau spectacle à Québec.

Pour la première fois dans sa carrière, Yves P. Pelletier est seul sur scène dans un one-man-show intitulé Moi?

L’humoriste nous explique que c’est lors de la tournée de spectacles de RBO dans les arénas que l’envie de retourner sur scène lui est venue. « Je me suis retrouvé sur scène à faire des blagues et le monde riait. Je me suis rappelé que c’était l’fun de faire des blagues pour faire rire les gens. J’ai été tellement impliqué dans des projets télé, d’animation, que j’avais oublié de monter sur scène. »

Il nous explique en quoi consiste ce nouveau spectacle : « La moitié du temps, je fais des personnages, l’autre moitié du temps, je parle de moi. Parler de moi c’est un prétexte pour aborder toutes sortes de sujets. À un moment donné, je me suis demandé quel était le point commun entre tous les stand-ups, c’est de raconter des histoires au « je ». On vit à une époque où tout le monde parle de lui-même, tout le monde est centré sur son nombril », explique l’humoriste.

« Ce qui est répréhensible ce n’est pas ce que je dis, c’est la façon dont je le dis. » – Yves P. Pelletier

« [Dans ce nouveau one-man-show], je parle de relations sentimentales, de voyages, de religion, je parle de mon enfance. Mes personnages, ce sont des textes qui sont liés aux thèmes du spectacle aussi. Ce sont des trucs d’actualité. Je parle de choses qui se passent autour de nous. Il y a des choses qui se disent bien en moi et d’autres qui passent mieux à travers M. Caron ou Stromgol. »

À la question pourquoi les humoristes ne font plus de personnages sur scène, Yves P. Pelletier répond : « Le monde a arrêté de faire des personnages parce que ça coûte cher. À partir du moment où tu as des costumes, des perruques, des décors, ça devient des shows plus lourds à transporter. Donc, il y a toute une génération d’humoristes dans les années 90 qui ont commencé à faire du stand-up parce qu’ils se sont dit qu’avec un micro et un verre d’eau, ça coutait bien moins cher. »

« Les personnages sont présents dans l’espace public – Like-Moi, Info, Sexe et mensonges, etc. – mais on ne les voit tout simplement plus sur scène », ajoute-t-il. « Ça ne veut pas dire que le monde n’aime plus les personnages. Moi, j’aime ça incarner quelqu’un d’autre. C’est une autre façon de faire de l’humour. Il y a des affaires que tu n’assumerais pas au « je ». C’est là qu’on voit parfois de la confusion. Quelqu’un va dire quelque chose sur scène et on va penser que c’est la personne qui dit ça, alors qu’en fait c’est son personnage de scène. S’il a une barbe et une casquette, il y a une distanciation théâtrale : ce n’est pas moi qui dis ça, mais mon personnage. »

On se rappellera que récemment les gens ont eu du mal à faire la différenciation entre le Guy Nantel sur scène et le Guy Nantel dans la vie de tous les jours.

« Il y a deux affaires très importantes en humour : le dosage et le ton », explique Yves P. Pelletier. « Le ton va être amené par le contexte : qui le dit? Le dosage, c’est plus si, à mettons, je fais des jokes de cul, mais ça n’arrête pas, c’est 90 minutes de jokes de cul, il n’y a rien d’autre que ça, ça va être désagréable. Autre exemple : si je te dis « bonjour » ce n’est pas agressant, mais si je te le dis pendant 90 minutes sans arrêter, tu ne seras plus capable de m’entendre dire « bonjour ». Ce qui est répréhensible ce n’est pas ce que je dis, c’est la façon dont je le dis. »

Vous pouvez vous procurer des billets pour les spectacles de Yves P. Pelletier à travers le Québec ici.

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis neuf ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.