Quelle famille de François Massicotte à Québec : Pas la même version qu’à Montréal

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L’humoriste présentait son nouveau one-man-show, Quelle famille!, en première médiatique à la Salle Albert-Rousseau mardi soir.

Rappelons d’abord quelques faits : François Massicotte a fait l’objet d’une polémique il y a deux semaines, alors que les critiques montréalaises ont été plutôt acerbes envers son nouveau spectacle solo. Certains journalistes lui ont reproché d’avoir repris ses vieux gags alors que Mike Ward l’a froidement accusé d’être un « voleur de blagues ».

François Massicotte s’est défendu farouchement sur les réseaux sociaux contre les accusations du critique du Journal de Montréal. Ce qui est intéressant dans tout ceci, c’est que la plupart des éléments que lui reprochait Raphaël Gendron-Martin (une blague sur P.K. Subban et un sketch recyclé avec des accessoires pour bébé) ont été retirés de son spectacle. Coïncidences? Ce serait étonnant.

Jugeons donc le one-man-show qu’on nous a proposé à la Salle Albert-Rousseau; une version 2.0, revue et corrigée.

François Massicotte est loin d’être un amateur. Après sept one-man-show et 30 ans de carrière, on peut affirmer que l’humoriste connaît son métier et son public. Il sait jouer avec la foule et surfer sur ses rires. Sa gestuelle et ses grimaces renforcent souvent le poids de ses mots.

Ce nouveau one-man-show s’intéresse principalement à la vie de famille de l’humoriste de 50 ans. Père de quatre enfants, Massicotte raconte une foule d’anecdotes en lien avec sa paternité : les devoirs, les lunchs, les fêtes d’enfants, le sport, les sorties et les voyages en famille, etc. Nous ne sommes pas ici dans des thématiques très originales ni dans un rendu particulièrement distinctif. Accompagné sur scène que par quelques éclairages multicolores et un moniteur de bébé géant (qu’il utilise d’ailleurs que 30 secondes en première partie), force est de constater que François Massicotte ne possède pas l’effet « wow » d’un Louis-José Houde, d’un Phil Roy ou d’une Mariana Mazza. Par contre, l’humoriste possède un côté attendrissant et chaleureux qu’on ne peut nier.

« Faire ses propres pâtes, c’est un peu comme
s’épiler la poche à la cire chaude,
tu fais ça juste une fois. »

Bien qu’on avait déjà pu entendre le numéro de l’épicerie dans un gala d’humour cet été (tout comme celui du camping d’ailleurs), il n’en reste pas moins très efficace. La foule se bidonne à écouter l’artiste énumérer la myriade d’items étonnants que sa blonde a inscrits sur sa liste d’épicerie. Son introduction abordant l’actualité (inconduites sexuelles, bouleversement dans le milieu de l’humour, récente élection municipale) frappe aussi dans le mile et donne le ton à la soirée.

Dans la seconde moitié de son spectacle, Massicotte a choisi d’explorer les sujets tabous du racisme et de la maladie mentale. Le premier est abordé de façon inoffensive et légère alors que le second est pris de front. Revenant d’abord sur son diagnostic de bipolarité, l’humoriste s’efforce ensuite de prouver que le suicide n’est pas une option en dénombrant différentes façons de passer à l’acte. L’intention était bonne, mais la manière s’avère plutôt malhabile et brutale. On ne peut, par contre, reprocher à l’humoriste de ne pas être audacieux et culotté (peut-être trop?) dans ce numéro.

François Massicotte offre, somme toute, un divertissement gaillard qui, bien que peu original, a le mérite de faire rire à plusieurs reprises. Après tout, n’est-ce pas là l’essentiel?

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis neuf ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.