Magalie Lépine-Blondeau se dit indignée par l’attitude de Sophie Prégent

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La comédienne s’est enflammée sur les réseaux sociaux afin de dénoncer le comportement inacceptable de la présidente de l’Union des artistes.

Sophie Prégent a été violemment écorchée au cours de la journée de mardi suite à une entrevue qu’elle a donnée à Paul Arcand en matinée. Celle-ci a minimisé les comportements déplacés du réalisateur Sylvain Archambault, qui a fait l’objet d’un reportage-choc dans La Presse en lien avec des inconduites sexuelles.

En plus de Marc-André Grondin, qui a écrit une lettre à l’Union des artistes plus tôt aujourd’hui et de Karine Vanasse qui a soulevé la question à savoir si un acteur ou une actrice encore actif pouvait représenter les autres membres de l’UDA de façon impartiale, voilà que la comédienne Magalie Lépine-Blondeau ajoute son grain de sel.

« Le message qui suit n’attaque en rien la personne de Mme Prégent, que je ne connais pas, mais s’adresse à la présidente de mon syndicat qui a, à mon avis, failli gravement à son rôle en ne condamnant pas avec véhémence que de tels comportements soient ainsi tolérés », indique d’emblée l’actrice de Boomerang dans une publication sur Facebook.

« Comment, après s’être permise de nuancer les propos des victimes rapportés par la presse ce matin, peut-elle s’étonner que celles-ci préfèrent se tourner vers les medias plutôt que vers les structures mises en place par notre syndicat? Non, les médias ne pourront pas servir de tribunal populaire à tous les cas d’inconduite professionnelle. Mais quelles mesures concrètes et immédiates proposez-vous pour redonner confiance à vos membres dont l’extrême précarité d’emploi et la petitesse du milieu artistique québécois dissuadent de porter plainte contre les abus dont ils pourraient être victimes? Sont-ce ces mêmes facteurs qui l’ont empêchée d’afficher une ligne directrice claire? »

« J’ai, pour ma part, été appelée à me dénuder (non sans gêne, non sans inconfort et vulnérabilité) sur nombre de productions. Toujours, les réalisateurs/metteurs en scène se sont montrés dignes de ma confiance et ont traité ces scènes délicates avec le sérieux et le professionnalisme qu’elles nécessitaient. Non, madame Prégent, tel que vous sembliez le prétendre si j’en crois vos propos ce matin, le fait que Cheval Serpent dépeigne l’univers parfois glauque des bars de danseurs, ne justifie en rien que le réalisateur emprunte sur le plateau le ton grivois adopté par la série. C’est bien tout le contraire. »

[...]

« Le milieu culturel, pas seulement québécois, est durement éclaboussé par les allégations d’inconduite sexuelle et d’abus de pouvoir. Ne croyez pas que ce milieu soit plus gangrené que les autres. Il est simplement, pour des raisons évidentes, plus médiatisé. Et cette mise en lumière de comportements inadmissibles et l’introspection collective qui en découle, se doit, dans un futur proche, de profiter à tout travailleur; qu’il puisse exiger de ses patrons, de son syndicat, de ses collègues, les égards et le respect auxquels il a droit. »

Elle mentionne à la toute fin que sa missive appuie « en tous points » les propos de Marc-André Grondin.

Rappelons que Radio-Canada a récemment publié une lettre afin de prendre position dans cette affaire sordide qui bouleverse à nouveau le monde culturel.

Elizabeth Lepage-Boily Cinéphile et télévore depuis qu'elle a appris à faire fonctionner la télécommande, Elizabeth, critique et journaliste depuis neuf ans pour le site Cinoche.com, est persuadée qu'elle exerce le plus beau métier du monde. Auteure d'une série de romans jeunesse à succès (intitulée « Maude »), Elizabeth a bien l'intention de se dépasser et de partager ses passions et son amour des mots et des arts avec ses lecteurs, tous médiums confondus.